‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 125 sur 980 · ETHNOLOGIE ET ETHNOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ETHNOLOGIE ET ETHNOGRAPHIE

quoique Balbi ait voulu se l’approprier en faveur de la classification des langues, devait forcément attirer à elle la masse principale des observations recueillies sur les mœurs, coutumes, industries, aptitudes, institutions, genres de civilisation. L’ethnologie dont l’étymologie impliquait un point commun avec l’ethnographie, mais en même temps une vue plus générale du sujet devait en attirer d’autres. La structure d’un mot pour ceux qui la comprennent implique sa signification plus encore que le sens de convention et changeant avec le temps qu’on lui prête. Ce fut en effet ce qui eut lieu. La science de l’homme conquit rapidement une foule de disciples appartenant à toutes les branches de la société éclairée; son champ s’élargit, mais aussi chacun vit les choses à son point de vue et chercha à s’approprier le tout. Les naturalistes, les premiers en date, arguèrent que l’organisation de l’homme est la base de l’édifice, que le mot anthropologie étant le plus général doit embrasser la totalité de ce qu’il comporte, et que la science des races humaines ne peut être détachée de la science du groupe humain considéré comme espèce. Les ethnologistes associés aux linguistes prétendirent que l’étude des races humaines est distincte de celle de l’homme-animal et leur domaine propre ; derrière eux se dissimulaient ceux qui se trouvent froissés d’être impitoyablement passés au même creuset que les animaux, quelque élevés au sommet de l’échelle qu’on veuille bien ensuite les placer. Puis il y avait les sociologistes qui commençaient à se manifester et voulaient, eux aussi, se faire le centre des études sur l’homme. J’en passe.

De là des malentendus, une confusion dans le sens à donner aux mots ethnographie, ethnologie et anthropologie, qui est l’un des traits de cette époque, peut-être encore de la nôtre. En voici des exemples ; Latham qui, avons-nous dit, avait identifié la science des races avec la linguistique, écrit : «Au lieu d’ethnologie, beaucoup d’auteurs disent ethnographie; quelques-uns se servent de Lun ou de l’autre indifféremment, d’autres emploient les deux, en les distinguant, le premier désignant la partie spéculative et le second la partie descriptive. » Nott, dans ses Types of manhind, accentue la même proposition : « Le terme d’ethnologie est généralement employé comme synonyme d’ethnographie, signifiant l’histoire naturelle de l’homme. » Cette dernière périphrase désignant l’anthropologie, il en résulte que les trois mots deviendraient synonymes.

« L’ethnographie ou histoire naturelle de l’homme, r> dit Luke Ëurke dans le premier numéro du journal de la Société ethnologique de Londres, en 184^. « L’ethnologie est la science qui traite de l’histoire naturelle de l’homme ou mieux des races, » lit-on un peu plus bas. «L’ethnologie est la science de l’homme, » dit Diffenbach dans le même volume. Hodgkin s’écrie : «L’homme, en tant que genre aussi bien qu’cspèce, est un des animaux les plus récents; voilà l’une des acquisitions de l’ethnologiei « Inutile de faire remarquer que si l’on enlevait à l’anthro-

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