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CHAPITRE V

pologie la propriété de l’homme considéré comme genre ou espèce zoologique, il ne lui resterait plus rien en propre.

La manière du cardinal de Wiseman est plus curieuse à rappeler. La science, dont partout il évite de dire le nom, se divise pour lui en deux parties : l’ethnographie philologique et l’ethnographie physiognomonique, celle-ci étant l’histoire naturelle de la race humaine.

C’est en Angleterre que la confusion atteint son maximum. Tandis que Lubbock prétend que l’anthropologie et l’ethnologie sont la même chose (1), James Hunt propose de renoncer totalement au terme d’ethnologie, superflu sinon nuisible. A ce moment existaient parallèlement deux sociétés à Londres, l’une d’ethnologie et l’autre d’anthropologie. James Hunt était président de celle-ci; il avait demandé la même année à l’Association britannique pour l’avancement des sciences de créer une section spéciale d’anthropologie. La proposition avait été rejetée par soixante-dix voix contre cinquante (2). Parmi les opposants se trouvaient sir K. Murchison, Owen, Grove, Crawfurd, Phillips, Lubbock. On sait que l’anthropologie a pris sa revanche de cet échec. La Société ethnologique a fini par se fondre avec la Société d’anthropologie en perdant son nom et prenant celui d’institut anthropologique de la Grande-Bretagne et de l’Irlande.

On comprend que l’Angleterre, biblique et ayant des intérêts et des relations incessantes avec une foule de peuples indigènes, ait ainsi tenu pour l’ethnologie, dont le programme, justifié ou non, se limite aux races et aux peuples, et que l’anthropologie, dont le programme embrasse en même temps l’homme considéré comme animal, d’un point de vue purement scientifique, ait eu autant de peine à s’y implanter sous sa véritable dénomination. En France, sauf quelques désaccords qui n’ont donné lieu à aucune discussion (3), l’anthropologie de Blumenbach et l’ethnologie de Edwards se sont donné la main. L’ethnographie n’a pas conservé le sens de linguistique qu’avait voulu lui donner Balbi; elle s’est maintenue avec celui que lui accorde Omalius d’Halloy : « L’ethnographie ou description des peuples a pour but de faire connaître les subdivisions du genre humain ou races (4). » Il aurait dû dire : qui concourt à faire connaître les subdivisions .

Quant à la Société ethnologique de Paris, elle cessa d’exister en 1847, le jour où devait s’ouvrir une discussion mise à l’ordre du jour sur « les caractères distinctifs de la race blanche et de la race noire. » Ce qui montre combien peu les questions rentrant dans l’histoire naturelle proprement dite de l’homme, étaient dans ses goûts.

Peu après, vers 1850, un événement considérable se produisit qui mit

(1) Journal of the Anlhropological Society. Séance du 3 janvier 18G5, p. cv.

(2) Anth) opological Revicw, À. 1865, p. 364 à 371.

(3) Du moins jusqu'en 1859.

(4; Omalius d’Halloy, Manuel pratique cl'et/ûiographie, 1™ édit. Paris, 3e édit, en 1864.

HISTORIQUE. — CRANIOLOGIE.

fin aux hésitations et donna définitivement la suprématie au mot anthropologie. Serres, titulaire de l’ancienne chaire d’anatomie du Muséum, devenue chaire d’histoire naturelle de l’homme, ajoutait un mot à son affiche : Cours d'histoire naturelle de l'homme ou d’ anthropologie, sans que personne y fît attention, tant cela paraissait rationnel. Celte fois c’était l’anthropologie reconnue officiellement. 11 ne restait plus qu’à la consacrer devant l’opinion publique par la fondation d’une Société d’anthropologie, ce que fit Broca un peu plus tard.

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