CHAPITRE VI
nous a donné des exemples. A cette partie se rattache Y anthropométrie ou mensuration du corps, née avec Rollin et White, au siècle dernier et qui ne fit pas de progrès sensibles dans la première moitié de celui-ci. On observe ensuite sur le cadavre et le squelette à l’aide du scapel, de la balance, du compas, du microscope. Les muscles, le cerveau, les os se décrivent et se mesurent. Dans le cours de ce volume, à propos du cerveau sera fait l’historique des pesées de cet organe. En ce moment nous n’esquissons que l’historique de la crâniologie, nous réservant même de la compléter ça et là plus tard. On verra que cette méthode d’étude avait déjà accompli de grands progrès et était en possession de ses principaux procédés avant l’année 1859.
La crâniologie dcscripJivc prit naissance avec Blumenbach comme il a été dit, la crâniométrie comparée avec Daubenton, la crâniométrie ethnique avec Camper et Sœmmering.
En crâniologie descriptive Prichard succède à Blumenbach. Celui-ci avait imaginé une façon spéciale de regarder le crâne pour le décrire, la méthode de la norma verticalis ; Prichard inventa celle de la norma frontalis, partagea le crâne et ensuite le vivant, d’après cette vue : en ovales, les Européens ; ogivals, les Mongols, et prognathes , les nègres, et créa un angle spécial servant d’après lui à faire reconnaître le type mongol. Cet angle était constitué par deux lignes à points de repère indéterminés, tangentes en bas aux parties les plus écartées de la face et se réunissant en haut au-dessus du vertex pour former un angle aigu ouvert en bas. Dans ces conditions vagues il est demeuré sans valeur. M. de Quatrefages a construit depuis un goniomètre pour le mesurer; je l’ai pris en adoptant des points fixes; il donne quelques caractères suivant les âges, les sexes et les races, mais non dans le sens qu’avait pensé Prichard.
Plus tard Owen, dans l’un de ses mémoires sur les anthropoïdes (1), qu’il mettait en parallèle avec l’homme, préconisa une troisième manière d’observer le crâne ! la méthode de la norma inferior . Elle fait voir la position du trou occipital, la forme de la voûte palatine, le degré d’écartement des arcades zygomatiques, la projection des mâchoires et des dents. Avant lui Laurillard, en 1837, avait insisté sur les avantages de la norma posterior ou occipitale qui montre la hauteur des bosses occi* pitales, la largeur bimastoïdienne, la disposition en crête ou arrondie de la voûte du crâne, l’inclinaison de l’occiput, etc. Si l’on ajoute à ces quatre norma la vue de profil de Camper ou norma lateralis, on a les cinq aspects sous lesquels le crâne peut être considéré. Il va sans dire qu’elles ne donnent que des approximations, et que pour apprécier exactement les caractères qu’elles fournissent, l’orientation du crâne doit être réglée et identique dans les cinq cas.
Mais de bonne heure les anthropologistes comprirent que la description
(1) Richard Owen, Memoiv on the Osteology of the Oi'ang and the chimpanSee , Zoolog. transact. London, vol. 1, etc.