HISTORIQUE. — DÉVELOPPEMENT DE LÀ CRANIOMÉTRIE
du crâne était insuffisante et ne conduirait à rien si elle n’était rendue par des formules précises et des chiffres, tels que les mensurations seules peuvent en donner. Malgré leur mérite, les Décades craniorum continuées durant le premier quart du dix-neuvième siècle, furent stériles et ne trouvèrent pas d’imitateurs. En revanche des publications analogues avec mensurations, généralement connues sous le nom de Crania , suivies d’une épithète Americana, Egyptiaca, etc., ne tardèrent pas à se montrer. La marche de la crâniométrie marque donc le développement même delacrâniologie.
i>éveioppemeiit de la crâniométrie. — Les lignes céphaliques de Spiegel au dix-septième siècle étaient demeurées inconnues; les essais de Sœmmering n’avaient pas été remarqués à la fin du dix-huitième; le système général de Camper lui-même avait été négligé. L’angle zoologique de Daubenton et l’angle esthétique de Camper en revanche produisirent un véritable engouement, malgré les quelques objections non entendues adressées à ce dernier. On crut à l’envi que l’angle donnerait la clef des proportions du crâne tant au point de vue philosophique et zoologique, qu’au point de vue de la distinction des races, et qu’il ne s’agissait que de trouver le bon.
De là le nom d 'école des angles qui eut cours alors, et la méthode qui s’est perpétuée jusqu’à nous. Yoici les principaux angles ou systèmes auxquels elle a donné naissance :
En 1795, X angle facial de Cuvier , dans lequel le sommet de l’angle de Camper est transporté au tranchant des incisives dans le but de comparer les animaux entre eux plus particulièrement.
En 1802, Yangle crânioscopique de Walther , situé à la rencontre d’une ligne frontale allant de la partie la plus saillante du front à la racine du nez et d’une ligne horizontale allant de l’apophyse crista-galli en dedans du crâne à la protubérance occipitale externe (inion).
En 1803, Yangle orifacial de Barclay, à l’intersection de la ligne de Camper et de la ligne ou du plan dit aujourd’hui de mastication ; et deux autres, supplémentaires, à l’intersection de la même ligne de Camper et de : 1* la ligne médiane antéro-postérieure de la voûte palatine; 2° la ligne médiane antéro-postérieure du plan passant par le bord inférieur de la mâchoire inférieure. Les trois angles font partie de tout un système. Barclay inscrit le crâne à la façon de Camper dans un parallélépipède, il donne à ses diverses faces les noms de glabellaire en avant, inialee n arrière, coronale en haut, basilaire en bas, dextralee t sinistrale sur les côtés, et mène de l’une à l’autre quatre lignes, une transverse ou dextrosinistrale, une verticale ou corono-basiale , et deux antéro-postérieures, l’une aboutissant en avant au point le plus avancé du museau, en quelque endroit que tombe ce point qu’il appelle antinion, l’autre plus haut aboutissant, semble-t-il, à notre glabelle. La description de Barclay est du reste peu claire. B ne dit pas notamment suivant quelle ligne il oriente son crâne, et tout porte à croire, d’après ses figures, qu’il n’avait pas de règle fixe à cet égard, Topinard. — Anthropologie. 9