CHAPITRE VI
Trou auriculaire à fermeté (vertex en arrière du bregma).
Destructivilé (région sus-mastoïdienne) à destructivité.
Sécrétivité (entre la bosse pariétale et la région sus-mastoïdienne), à sécrétivité.
Circonspection (bosse pariétale), à circonspection.
Idéalité (sur le frontal, au-dessus de la crête temporale, en avant de la suture coronale), à idéalité.
Constructivité (sur le frontal, entre la crête temporale, la suture coronale et la suture sphéno-frontale), à constructivité.
La crâniologie phrénologique a conservé des partisans en Angleterre jusque dans ces derniers temps; on en retrouve des traces çà et là dans les Bulletins des Sociétés d’ethnologie et d’anthropologie de Londres. M. Humphry, en 1858, laisse percer une certaine bienveillance pour elle dans son Traité du squelette humain. En 1870, un livre par M. Marshall, intitulé un Phrénologiste parmi les Todas , est accompagné d’une longue liste de mensurations prenant les bosses de Spurzheim pour points de repère.
Avec George Combe, la crâniométrie phrénologique passa les mers et
fit aux Etats-Unis deux disciples dont nous parlerons tout à l’heure : Morton et son ami Philipps.
En France il faut distinguer dans cette voie deux ordres de travailleurs : les uns, habituellement des médecins aliénistes, qui ne se contentèrent pas de mesurer le crâne, mais pesèrent le cerveau et cherchèrent la relation entre les deux avec la plus grande impartialité sans se laisser distraire par les passions du jour ; les autres, des phrénologistes de profession, ne perdant pas de vue leur doctrine favorite. Parmi les premiers se placent Lélut qui, médecin de prison et philosophe, porta à la doctrine en faveur le plus rude coup qu’elle ait reçu (1), et Parchappe, dont les conclusions étaient non moins défavorables (2).
Parchappe est certainement le premier crâniologiste français, le seul peut-être méritant ce titre, avant Broca. Nous ne pouvons passer sans indiquer les mesures qu’il prenait sur des séries de crânes ou de vivants, et dont il calculait les moyennes.
Mesures crâniométriques de Parchappe.
1° Diamètre antéro-postérieur, avec un compas d’épaisseur, depuis la bosse nasale du frontal jusqu’à la partie la plus saillante de l’occipital.
2° Diamètre latéral ou largeur de la tête depuis la partie du temporal qui est située immédiatement au-dessus du trou auditif, jusqu’au point semblable du côté opposé.
(1) Lclut, Physiologie de la pensée , 2 vol. Paris, 18G2. Dans lesquels sont reproduits tous ses articles sur le crâne, le cerveau, la taille, de 1835 h 1841, etc.
(2) Parchappe, Recherches sur l’enccphale. Premier Mémoire surtout, Paris, 1830 : Du volume de la tête et de l'encéphale chez, l’homme.
HISTORIQUE. — PARCHAPPE. 133
3° Courbe antéro-postérieure, avec le ruban, depuis la naissance de la bosse nasale du frontal jusqu’à la protubérance occipitale externe ou plutôt jusqu’à la ligne circulaire supérieure,
4° Courbe latérale (transverse) du bord supérieur du trou auditif à celui du côté opposé.
5° Courbe antérieure : du bord antérieur du trou auditif en passant le long des arcades sourcilières jusqu’au point semblable opposé.
6° Courbe postérieure : du bord postérieur du trou auditif au point semblable opposé en passant par la protubérance occipitale externe.
Nous ferons remarquer la date de 1836 à laquelle furent publiées ces mensurations ; elle est antérieure d’un an à la communication de Van Hoeven, à l’Académie des sciences de Paris, et de trois ans à la publication du Crania Americanci de Morton.
Les phrénologistes qui se livrèrent en France à la crâniométrie ne furent pas aussi absolus que ceux d’Angleterre et d’Écosse. A leurs préoccupations des bosses se mêlent des idées vagues de races. Le premier fut Sarlandières; le dernier fut Dumoutier.
A Paris comme à Edimbourg existait une Société de phrénologie; Combe était l’une des illustrations de la Société d’Édimbourg, dont le premier volume des Bulletins parut en 1823; le célèbre médecin, Casimir Broussais, était secrétaire général de la Société de Paris, dont le premier volume du Journal parut en 1832. La contribution de Sarlandières aux mensurations phrénologiques consiste en un crâniomètre complexe, une sorte de casque percé de trous à travers lesquels des tiges allaient trouver les bosses voulues. Sarlandières ne paraît pas avoir publié les résultats qu’il en obtint ; il avait une disposition à rattacher ses essais à la crâniométrie de Daubenton et de Camper, et ne semble pas avoir été encouragé par ses collègues qui, comme Spurzheim, n’étaient pas favorables à ses tentatives. « L’examen du crâne ne nous intéresse, disait Broussais, qu’en ce qu’il nous donne l’image de la forme du cerveau ».
Cet essai toutefois ne fut pas perdu pour la science. Quatre ans après, eu 1836, Anthelme écrivait sa thèse inaugurale sur la Physiologie de la pensée , et imaginait un nouvel instrument destiné à remplacer les données trop vagues de la crânioscopie par des appréciations rigoureuses. « Au moyen de ce céphalomètre, dit-il à l’Académie des sciences en 1838, on obtient avec facilité et précision la mesure de l’angle facial, celle des diamètres du crâne et enfin les diverses dimensions que peuvent avoir besoin de connaître les physiologistes qui s’occupent de l’étude des caractères physiques des races humaines ». Dans cet énoncé on sent de suite que la phrénologie n’était pas son seul but, et qu’il songeait aux idées que W. Edwards venait d’émettre dans sa lettre sur les caractères des races humaines.
La description du céphalomètre d’Anthelme a été publiée dans les