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CHAPITRE VI

mémoires delà Société d’anthropologie de Paris, et l’instrument est resté l’un de ceux de crâniométrie recommandés par Broca, quoiqu’il réponde à un système spécial de mesures (1). M. Bertillon s’en est servi pour étudier la belle collection de Néo-Calédoniens de Caen (2).

De même que le céphalomètre d’Anthelme dérive vraisemblablement du crâniomètre de Sarlandières, le céphalomètre de Dumoutier construit six ans après, en 1842, dérive de celui d’Anthelme. C’est le même appareil sur une grande échelle, remplissant quelques indications de plus et répondant d’une façon complète aux diverses mensurations acceptées en phrénologie. Dumoutier, du reste, était un des adeptes résolus de la doctrine ; il avait été chargé, en 1832, par la Société de phrénologie de Paris, de faire un cours public sur le sujet, et avait imaginé un système de dénombrement et de nomenclature des protubérances du crâne, différant un peu de ceux de Gall etSpurzheim. Ni la description ni aucun travail fait avec cet instrument n’ont été publiés, du moins mes recherches ont-elles été infructueuses; mais le céphalomètre lui-même est devenu la propriété du musée Broca. Wolkoff, dans son mémoire sur l’épaisseur du crâne, parle à plusieurs reprises de la méthode que suivait Dumoutier, et je me crois en mesure de combler la lacune. L’instrument a 2 mètres de hauteur dans son entier, et ses autres dimensions en proportion : c’est un chef-d’œuvre de construction sorti de la maison Gravet, rue Cassette, Paris, et portant le nom de Dumoutier et la date de 1842; il mérite qu’on lui consacre une page.

La tête, le buste ou le crâne à mesurer est placé au centre de l’appareil et orienté suivant un plan horizonzal passant par l’axe de l’arcade zygomatique, plan que M. Lucæ a adopté plus tard, et qui est l’un de ceux qui se disputent encore la vogue en Allemagne. Deux fiches viennent se poser sur le point sus-auriculaire, c’est-à-dire sur le prolongement en arrière de la racine longitudinale de l’arcade zygomatique, à la rencontre du plan horizontal précédent et de la perpendiculaire passant par le trou auditif.

L’axe transversal de la tête ou du crâne est donc le diamètre bi-susauriculaire et son centre général, le point d’intersection du plan horizontal, du plan vertico-transversal et du plan médian antéro-postérieur. Deux sortes de mesures se prennent avec l’instrument : les unes sont des rayons partant de divers points de la surface de la tête, et par conséquent des bosses phrénologiques désirées, et convergeant vers son centre ; les autres sont des lignes horizontales, et, si l’on veut, des lignes antéro-postérieures, se projetant dans le plan horizontal. Pour les obtenir, un châssis en cuivre muni d’un contre-poids, tou rne autour de l’axe transverse bi-susauriculaire, de quantités variables dont les angles sont indiqués par un cercle

(1) Note sur la céphalométrie, par M. Anthelme, 1861, in Mém. Soc. anthrop. série 1, t. I.

(2) Forme et grandeur de divers groupes de crânes néo-calédoniens , par Bertillon, in Bevue d' anthropologie , série 1, t. I, 1872.

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