HISTORIQUE. — DUMOUTIER
gradué à 1 une des extrémités dudit axe. Ce châssis forme un demi-cercle en dedans et un parallélogramme en dehors. Sur le demi-cercle glisse un curseur dont le pointe va chercher la bosse ou le point de repère voulu à la surface du crâne, tandis que la distance de cette pointe au centre de la figure se lit sur la tige par un système de graduation facile à concevoir. Sur les bords extérieurs du parallélogramme, glissent trois autres curseurs, l’un vertical, les deux autres transversaux, qui donnent les diamètres par projection.
Avec les rayons obtenus, Dumoutier traçait des tableaux graphiques de la configuration du crâne ou de la tête dans lesquels les longueurs absolues des rayons étaient représentées par des ordonnées. Les mesures transverses dans le plan horizontal et les mesures antéro-postérieures soit en projection, soit autrement, à volonté, devaient être simplement les mesures de Combe ou d’analogues.
Dumoutier avait d’autres procédés d’étude du crâne. Le premier il fit usage des tracés superposés des courbes crâniennes, que le Crama ethnica a depuis largement employés. Il mesurait la capacité crânienne en coulant du plâtre dans la cavité, sciant le crâne en deux pour en retirer le moule, et plongeant celui-ci dans l’eau pour savoir la quantité d’eau déplacée, procédé plein de défectuosités dont il n’a du reste publié aucun des résultats.
La mensuration de la capacité crânienne est en effet l’une des plus anciennes opérations de la crâniométrie. Elle fut pratiquée pour la première fois avec de l’eau par Saumarez, en 1798, sur 1 crâne de nègre et 36 d’Européens, afin de vérifier l’opinion de Sœmmering, treize ans auparavant, que la capacité est plus grande chez l’Européen. Yirey, en 1817, et Wolkoff, en 1847, employèrent le même procédé. Avec William Hamilton, en 1831, naquirent à la fois les procédés du sable et des chocs pour le jaugeage et de la pesée pour le cubage; ses expériences portèrent sur 300 crânes humains. L’année 1837 fut mémorable pour cette opération. Tiedemann voulant réagir contre la thèse de Sœmmering et Yirey, qui avait cours, cuba 489 crânes à l’aide du millet, des tapes sur les parois et de la pesée ensuite, et en conclut, après un examen insuffisant de ses propres chiffres, que la capacité crânienne est à peu près la même dans toute l’humanité. A la même époque, Philipps et Morton, aux États-Unis, mus par une idée toute différente, celle de la distinction des races humaines par la crâniométrie, pratiquaient, à l’aide de la graine de moutarde, les mensurations de la capacité du crâne consignées dans le Crania Americana , paru en 1839. Ce n’est donc pas l’idée phrénologique qui a présidé au développement de cette opération; les moulages intracrâniens de Dumoutier, que les Allemands ont voulu reprendre, sont isolés.
L’idée de distinguer les races humaines avec plus de précision qu’on ne l’avait fait jusque-là, à l’aide des caractères physiques, prenait en effet de