CHAPITRE VI
l’extension depuis la lettre de W. Edwards à Amédée Thierry, en 1829. 11 devait forcément venir à la pensée de quelques-uns de se servir du procédé des mensurations pour découvrir ces caractères, en laissant de côté toute visée purement philosophique ou physiologique. Les premiers dans cette voie furent Yan der Hoeven en 1837, et Morton en 1839. Par là ils doivent être considérés avec Parchappe, dont nous avons parlé, en 1836, comme les précurseurs de l’école crâniologique française qui s’est affirmée avec Broca.
Van der sioeven, professeur de zoologie à l’Université de Leyde, s’adonna à l’anthropologie et plus particulièrement à la crâniologie, depuis l’année 1831 jusqu’à sa mort en 1868. Quoiqu’il eût déjà esquissé ses vues dans une suite de mémoires intitulés « Contributions à l’histoire naturelle de l’homme, » sa méthode de mensuration ne date réellement que de 1837. Il la communiqua à l’Académie des sciences de Paris, sous le titre de Essai sur les dimensions de la tête osseuse, considérées dans leurs rapports avec l'histoire naturelle du genre humain. Nous ne possédons encore, dit-il, que des notes éparses sur les dimensions du crâne, on n’a émis que des affirmations à cet égard qui n’ont pas été vérifiées. Les mesures qu’il propose et qu’il prend sur 20 crânes de races diverses, sont les onze suivantes :
Mesures de Van der Hoeven.
1° Circonférence horizontale passant au-dessus des orbites, par le bord supérieur des orbites et par la protubérance occipitale externe.
2° Courbe antéro-postérieure, des os propres du nez au bord postérieur du trou occipital.
3° Longueur du crâne, de la racine du nez à la partie postérieure de l’occipital.
4° Largeur, en un endroit variable, là où elle est la plus grande.
5° Hauteur, du bord postérieur du trou occipital au point opposé sur le trajet de la suture sagittale; ce n’est pas la plus grande hauteur, ajoute-t-il.
6° Largeur du front, en arrière des orbites.
7° Longueur et largeur du trou occipital.
8° Largeur maximum entre les arcades zygomatiques.
9° Hauteur de la symphyse du menton.
10° Hauteur de la mandibule en arrière, de l’angle inférieur à la partie la plus élevée des condvles.
11° Distance oblique du menton à l’angle de la mandibule (1).
Samuel-George Morton, dont nous avons par deux fois déjà rencontré le nom, à propos de sa division des espèces et de sa classification des races humaines, vécut de 1799 à 1831. Comme Yan der Hoeven, il était à la fois zoologiste, géologue, anatomiste et médecin. C’est en 1830 qu’il porta son attention vers l’anthropologie. Ayant choisi pour sujet de sa leçon
(1) Van der Hoeven, Annales des sciences naturelles , T série, 4e année, vol. VIII, 1835,