‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 141 sur 980 · HISTORIQUE. — ORIGINES DU PRÉHISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. — ORIGINES DU PRÉHISTORIQUE

s’approchent le plus de la brute, nous montre clairement par tous ses caractères, qu’elle a échappé à la grande catastrophe, sur un autre point que les races caucasique et altaïque, dont elle était peut-être séparée depuis longtemps quand cette catastrophe arriva (p. 140). »

La dernière phrase est grave. Les nègres seraient antérieurs à la dernière catastrophe qui assurément, dans l’esprit de tous, à l’époque de Cuvier, était le déluge biblique, réputé universel pourtant. Entendait-il par là que la race nègre, comme les races caucasique et altaïque, remontaient à Adam? Non, il préférait ne pas s’expliquer. Lorsqu’on relit son mémoire sur la Yénus hottentote, on en est convaincu.

Cependant, par trois fois au moins, des ossements humains dits fossiles lui furent présentés. La première fois, c’était l’anthropolite de la Guadeloupe : il fit remarquer que le travertin, mêlé de coquilles terrestres et de madépores de la mer dans laquelle il avait été trouvé, se formait encore de nos jours. La seconde fois, en 1823, c’était le squelette d’homme trouvé dans le lœss du Rhin à Lahr, par Ami Roué : il répondit qu’il devait y avoir erreur et que ces ossements provenaient d’un cimetière ancien. La troisième fois, il s’agit d’os recueillis dans les grottes du Midi, avec des os d’animaux disparus ou émigrés : il déclara que les os humains étaient postérieurs au dépôt des os d’animaux. C’est vers cette époque que Tournai et Christol, en 1827-1828, découvraient dans ces grottes, ou d’autres équivalentes, des ossements humains associés à des articles d’industrie humaine et à des restes d’animaux disparus. Cuvier rejetait systématiquement tout ce qui venait des cavernes, comme ayant pu y être apporté par les eaux depuis la dernière catastrophe du globe.

Mais voici qui juge la question. A quelqu’un qui lui demandait si l’on avait trouvé l’homme fossile, il répondit: a Pas encore. » Le seul reproche à lui adresser est d’avoir rejeté un peu vivement les ossements d’Ami Boué.

La constatation à laquelle il s’était dérobé et qui lui eût donné un titre de gloire de plus, fut faite l’année après sa mort par Schmerling. De 1833 à 1834 , il explora avec soin les grottes des environs de Liège , plus ou moins remplies de lœss apporté par les inondations, ou, pour se servir du langage d’alors, par les courants diluviens. Elles renfermaient, sous une couche de stalactites, des ossements de mammouths, de grand ours, de lions et de hyènes des cavernes, et d’autres espèces éteintes, vivant à l’époque quaternaire ou postpliocène, ainsi que des squelettes humains et des silex taillés par une main intelligente. Schmerling n’hésita pas à en conclure à la comtemporanéité de ces reliques et fit de ses recherches l’objet de deux volumes et un atlas. Ce qui Bétonnait, c’est que les mammouths, ces éléphants à fourrure dont on avait retrouvé des troupeaux entiers congelés dans les glaces de la Sibérie, le grand ours et le renne, soient des animaux des pays froids ; néanmoins, il maintint sa conclusion.

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