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CHAPITRE VII

l’homme est un animal, rien de plus, rien de moins; au point de vue anatomique l’homme diffère moins des singes supérieurs que ceux-ci ne diffèrent des singes inférieurs » (1). C’est la proposition, exactement dans les mêmes termes, queBroca a défendue à la Société d’anthropologie, spécialement de 1869 à 1880, et s’est appliqué à démontrer à l’École d’anthropologie pendant ses cinq années de cours.

Une seule dissidence existe ici entre eux. Pour M. de Quatrefages l’homme possède une faculté notamment, la religiosité, que ne possède pas l’animal et qui permet d’en faire, à la façon d’Isidore Geoffroy, un règne humain. Pour Broca, ainsi que pour Huxley, Darwin et une foule d’autres à présent, l’homme, à tous les points de vue, n’est que le plus perfectionné des mammifères, le premier des primates, et diffère psychiquement des autres animaux non par la nature, mais par la quantité ou l’intensité de ses facultés cérébrales.

Tous deux cependant placent la caractéristique de l’homme comme Aristote, Linné, Buffon, dans le cerveau et ses fonctions. Tous deux se rallient à la dénomination de Linné, homo sapiens y et à la définition de Buffon : l’homme est un animal raisonnable. L’un et l’autre font rentrer les diverses formes de sociétés et la psychologie comparée dans l’anthropologie, comme n’étant que l’étude de la caractéristique humaine.

Lorsque James Hunt, dans la dicussion dont nous avons parlé page \ 26, a défini l’anthropologie, à son tour, « la science de l’humanité », c’est la même pensée qu’il voulait exprimer.

Donc avec mes deux maîtres, Broca et M. de Quatrefages, avec James Hunt et conformément à l’étymologie du mot, je maintiens la définition que j’ai donnée dans mon Anthropologie et qui embrasse, ainsi que nous allons le voir, la totalité du sujet : « L’anthropologie est la branche de l’histoire naturelle qui traite de l’homme et des races humaines. »

Programme <ie l'anthropologie. —Il nous est donné par M. de Quatrefages dans une formule magistrale qui sera notre guide : « L’anthropologie est l’étude de l’homme traitée monographiquement, comme fait le naturaliste d’un animal quelconque. » 11 n’y a donc, pour savoir se conduire en anthropologie et quels sujets elle embrasse, qu’à suivre l’exemple du naturaliste désireux de ne laisser échapper aucune des parties de son sujet et de les traiter toutes méthodiquement.

Soit un animal, une espèce quelconque, la première chose dont il s'occupe, c’est de l’individu. Il prend un adulte ordinaire qu’il accepte provisoirement comme le type moyen de cet animal et envisage d’abord sa conformation générale extérieure, sa taille, les proportions de ses membres, sa robe, ses griffes, ses cornes. Cette première étape franchie, il passe aux organes intérieurs, dissèque les muscles, les nerfs, les

(1) L’Espèce humaine , par de Quatrefages, p. 13. Paris, 1877, in Biblioth. scient, internat.

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