CHAPITRE VU
les divergences de détail d’un animal à l’autre, que des adaptations variées. La pathologie s’attachant à la même pensée, et procédant des altérations simples et primordiales des cellules, des tissus et des liquides, est conduite aussi à l’identité des phénomènes morbides, simples déviations de l’état physiologique, dans des organes différant du plus au moins.
Les trois, dans ces conditions, constituent i’anatomie générale, la physiologie générale, la pathologie générale, soit de l’ensemble des règnes organisés, soit de l’un d’eux, soit d’un embranchement d’animaux.
L’anthropologie consulte ces trois sciences, leur apporte quelquefois son tribut, mais n’a pas à s’immiscer dans leur spécialité; elle cherche le secret de l’homme, ses relations avec le reste de la nature, mais non le secret de l’univers organisé.
Mais les faits et phénomènes particuliers à chaque espèce animale, dans chacune de ces sciences, appartiennent de droit à l’histoire de cette espèce, quelle que soit l’étendue de ces faits, minime ou incommensurable. L’histoire naturelle de l’amphioxus est intéressante en ce qu’il paraît être le plus élémentaire et, dans la doctrine généalogique, le premier des vertébrés. L’histoire naturelle de la fourmi attache surtout par sa vie physiologique, par ses sociétés si extraordinairement avancées. L’histoire naturelle de l'homme réclame tout ce qui concerne ses propres sociétés, les facultés intellectuelles qui y sont mises enjeu, et la morphologie du cerveau qui y répond. Ce qui n’empêche pas que les autres points de vue que présentent chacun de ces êtres ne soient étudiés au même titre par les naturalistes. Il y a donc autant d’anatomies spéciales, de physiologies spéciales (la psychologie spéciale en étant une dépendance), et de pathologies spéciales qu’il y a d’animaux.
L’homme, le premier de ces animaux, a donc, je ne dis pas au même titre, mais à plus forte raison, puisque rien de ce qui le concerne ne nous est indifférent, son anatomie propre, sa physiologie propre et sa pathologie propre.
Mais que serait la connaissance d’un organe dans une seule espèce et dans ses variations au sein de cette espèce, si on ne la comparait avec la disposition du même organe dans les autres organismes? L’étude des circonvolutions du singe donne la clef de celles de l’homme, bien mieux que l’étude de celui-ci, où elles sont si compliquées qu’il faut une longue expérience avant de s’y reconnaître. Pour comprendre la liaison entre les caractères physiques et les correspondances physiologiques liées à l’attitude verticale de l’homme, il faut savoir la disposition anatomique des singes en rapport avec leur attitude oblique ou indifférente et celle des carnassiers répondant à leur attitude quadrupède. Il ne saurait donc y avoir d’anthropologie sans anatomie comparée, sans physiologie comparée et même sans pathologie comparée.
avembryogénie, qui dérive de 1 anatomie, rentre aussi et directement