SOCIOLOGIE
physiologique de l’homme comme le volume et la structure du cerveau en sont la caractéristique anatomique.
La psychologie nouvelle, s’appuyant sur la comparaison de l’homme et des animaux et des hommes entre eux et ne séparant pas l’étude de l’organe de l’élude de sa fonction et de ses manifestations variées dans l’humanité, appartient donc tout entière à l’anthropologie, je ne dis pas aux sciences anthropologiques, mais à l’histoire naturelle proprement dite de l’homme directement.
Dans le temps présent, toutefois, il n’en est pas ainsi : la philosophie n’est pas encore complètement sortie des mains de ceux qui s’intitulent des penseurs, mais son sort e^t décidé, tôt ou tard elle passera forcément aux mains de l’anthropologie. C’est à ce temps présent que Broca fait allusion dans le passage ci-après :
« Le psychologue, dit-il, qui étudie sur lui-même et sur les individus qui l’entourent les facultés de l’esprit, les sentiments ou les passions, n’est pas un anthropologiste ; mais celui qui, donnant plus d’extension au champ de la psychologie, se préoccupe des différences qui existent entre les peuples et les races sous le rapport de la puissance intellectuelle, de la perfectibilité, de la sociabilité, des aptitudes artistiques, scientifiques, littéraires, industrielles, religieuses, politiques, celui-là participe à l’œuvre des anthropologistes, et c’est ainsi que la psychologie comparée des races devient une des branches les plus intéressantes de l’anthropologie générale » (1).
Sociologie. — Les mœurs et coutumes des peuples, leurs diversités de sentiments, de goûts et d’aptitudes, leur conduite à l’état de nature, de barbarie etde civilisation, leurs migrations et leurs mélanges, la question revenant sans cesse de l’action des milieux et des circonstances sur le moral comme sur le physique et des façons dont prennent naissance les types nouveaux physiques, psychologiques et autres dans les collectivités humaines, tout conduit l’anthropologiste à la connaissance des phases successives par lesquelles les peuples et leurs éléments-races ont passé avant d’atteindre la phase actuelle; tout l’amène à en déduire les lois qui ont régi les couches de populations depuis l’origine des choses, et engendré l’évolution ou différenciation des hommes et des sociétés, évolution que nous qualifions de progrès lorsqu’elle est avantageuse à l’homme, suivant les idées générales que nous nous faisons du bien.
De même que la psychologie comparée de l’homme et des animaux et des hommes entre eux dérive de laphysiologie du cerveau ou mieux n’est que cette physiologie elle-même, de même la sociologie est issue de cette psychologie comparée et en est l’expression la plus avancée et la plus générale pour l’homme.
La sociologie se lie, ainsi que nous l’avons dit, à l’ethnographie ou his-
(1) Dict. encycl. des sc. méd., art. Anthropologie, t. V. Paris, 1866, in-8.