‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 162 sur 980 · GÉNÉRALITÉS. — SICENCE DES RELIGIONS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS. — SICENCE DES RELIGIONS

ainsi : Etant donnés les origines et la composition du genre humain, ses attributs et le mouvement auquel ont obéi ses différentes fractions, préjuger de ses destinées ultérieures et mettre les hommes d'application en mesure d’établir les moyens d’accélérer ce mouvement s’il est avantageux, de le retarder s’il est fâcheux et inévitable, de le diriger s’il peut être détourné.

Il faut distinguer en effet dans la sociologie, comme du reste dans l’anthropologie totale elle-même et dans toutes les sciences reposant sur des faits, deux aspects: l’un qui est la science pure, dans laquelle on cherche les phénomènes, leur cause, leur liaison et leur relation avec la nature humaine ; l’autre, qui est la science appliquée, dans laquelle on s’efforce de faire profiter l’humanité des vérités découvertes. L’anthropologie n’a d’autre but que de trouver la vérité, elle est mieux préparée que toute autre science à la découvrir en sociologie. Elle laisse les applications aux économistes, aux législateurs, aux moralistes, etc., ce n’est pas son affaire.

La même distinction est à établir pour les subdivisions de la sociologie et pour toutes les sciences secondaires qui y surgissent à volonté suivant l'attention portée sur un point ou sur un autre. Telle est la partie qui traite par exemple de la morale.

M. Yves Guyot définit la morale : la meilleure manière de se conduire en société ; d’autres : les principes nécessaires au bon aménagement d’une société ayant atteint ou voulant atteindre le plus haut degré possible de perfectionnement. Cet aspect particulier n’est pas de notre ressort. Il se rattache à l’économie politique, à la jurisprudence, quelques-uns disent à la religion. En tout cas il mérite d’être l’objet d’une -science spéciale qu’on appelle la science de la morale et qui appartient aux moralistes.

Et cependant la morale est le produit d’une seule faculté, disent les orthodoxes, la résultante complexe d’une série de facultés, disent les localisateurs. Par conséquent, il serait du devoir de l’anthropologiste de la considérer comme telle jusqu’à preuve contraire, de l’étudier suivant ses procédés, et notamment d'en poursuivre les formes diverses depuis les plus simples aux époques préhistoriques et chez les peuples sauvages, jusqu’aux plus compliquées en Europe dans nos civilisations raffinées, il lui appartient, dans cette multiplicité de manières de concevoir le beau, le bon, le devoir, l’honneur, la famille, et dans ces changements successifs dont l’ensemble constitue l’évolution de la morale, de faire la part de ce qui résulte des diversités d’organismes venant de la race et de ce qui résulte des circonstances extérieures : état de paix ou de guerre fréquent, habitat dans une île ou un continent ouvert, misère ou prospérité, superstition dérivant de la faculté spéciale à laquelle M. de Quatrefages donne le nom de religiosité, etc.

Le mot arrive à point. Il existe une science très légitime qu’on appelle la science «tes religions ou des mythologies comparées. C’est l’histoire des

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