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CHAPITRE VII

mythes et croyances divers de l’humanité et des conceptions plus ou moins fantaisistes, philosophiques, scientifiques, utilitaires ou arbitraires qui leur ont donné naissance. Elle se relie à l’histoire, à l’ethnographie et à la sociologie, de la façon la plus directe. Et cependant elle n’est autre que l’exposé des manifestations extérieures de la faculté même dont M. de Quatrefages fait la caractéristique de l’espèce humaine. Si l’on ne donne pas à l’étude de cette caractéristique toute l’extension nécessaire, que devient l’anthropologie ? En cette occurrence nous dirons que la science des religions appartient absolument à l’anthropologie par ses liaisons avec l’ethnographie ou histoire des peuples, et par ses relations avec la psychologie ou histoire des facultés cérébrales. Maintenant, dans cette science, on découvrirait des applications utiles au bonheur de l’humanité, une forme de religion plus avantageuse que celles que nous possédons aujourd’hui, que la science des religions cesserait par là de faire en entier partie de l’anthropologie.

En somme, la sociologie, qui répond non seulement à la faculté de sociabilité mais à une infinité d’autres que celle-ci met en jeu, la science de la morale, qui répond à une autre faculté propre assure-t-on, la science des religions, qui est dans le même cas, et toutes autres du même genre qui peuvent surgir, relèvent de l’anthropologie par leurs attaches avec : 1° la psychologie, 2° l’ethnographie dont nous parlerons bientôt, — sous la seule condition que les applications à la pratique en soient écartées.

Est -ce à dire que ces études doivent être absolument interdites à ceux qui n’y sont pas préparés par des connaissances premières en histoire naturelle et en médecine, et qu’il faille forcément avoir disséqué à l’amphithéâtre et approfondi la structure du cerveau? Est-ce à dire qu’il faille les défendre aux gens faisant profession de philosophe sans avoir jamais lu directement dans le grand livre de la nature? La réponse est délicate? Il y a d’abord une catégorie de personnes à mettre de côté, de bons esprits qui savent se défendre des aperçus et procédés fantaisistes sans avoir passé par la gymnastique intellectuelle à laquelle équivaut l'habitude des observations précises commencées de bonne heure. Ce n’est pas à celles-là que je songe et contre lesquelles j’ai à défendre le sanctuaire.

Tous, entendons-nous, peuvent recueillir les éléments d’étude de la sociologie et de la psychologie sur les peuples, leur faire subir un premier examen, un premier classement et en tirer quelques aperçus ; mais à ce point il faut s’arrêter, recourir aux naturalistes. Pour quel motif entre autres? Pour celui-ci surtout : c’est que la fantaisie est le pire ennemi de la sociologie, et que la plupart des personnes non rompues aux études naturelles directes ont une disposition désastreuse à suppléer à leur défaut de connaissances sur un point par un échaffaudage de raisonnements ingénieux, mais d’autant plus dangereux. Je suis philosophe, disent-elles, tout

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