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CHAPITRE VIII

Il veut savoir vers quels points son attention doit être portée et quelle méthode il doit suivre. Alors commence son œuvre personnelle. Il débute par les caractères physiques : ceux du crâne, du squelette, du cerveau, des muscles d’abord, s’il veut être homme de science et surtout de laboratoire; ceux tirés du visage, des cheveux, de la peau sur le vivant, s’il est pressé et vise à se faire voyageur. Il les compare, les mesure, les décrit, en cherche la signification, la subordination, la gradation des animaux à l’homme et dans les diverses fonctions humaines, et se rend compte peu à peu de leur valeur afin de s’en servir plus tard pour établir les races. Les anomalies pathologiques et réversives, les arrêts de développement, les singularités de quelque nature qu’elles soient le préoccupent en ce sens qu’elles peuvent être prises pour des caractères réguliers de races sur le vivant ; l’albinisme, les hommes-chiens, la polydactylie l’intéressent pour les mêmes raisons. Chemin faisant il se verra obligé de s’en prendre aux caractères physiologiques ; non pas encore aux caractères intellectuels et sociaux qu’il réserve pour plus tard, mais à ceux des caractères physiologiques qui peuvent lui fournir des caractères immédiats dans la tâche de la distinction qui va se présenter après, ou l’éclairer sur la portée des caractères physiques et leur degré de résistance aux causes de détérioration. C’est ainsi qu’il étudie l’influence des milieux, des croisements, de l’hérédité.

Dès lors il passe aux races, c’est-à-dire que, réunissant les caractères d’ordre divers qu’il apprécie à présent à leur juste valeur, il peut dire celles qui méritent ou non cette qualification. Il est également préparé pour examiner leur degré de pureté, les phénomènes qui président à leur formation, à leur existence, à leur fusion et à leur destruction, et pour établir leur parenté et leur classement. C’est à l’aide des peuples qu’il poursuit ici son travail, tâche longue et laborieuse qui l’entraîne aisément, s’il ne sait s’arrêter, dans la voie si large de l’homme social et intellectuel.

Du reste, après l’étude analytique des caractères il aurait pu passer directement à leur synthèse dans le groupe humain sans procéder à la comparaison de celui-ci avec les animaux, et en tirer un premier aperçu général, celui par lequel j’ai terminé la première partie de mon Anthropologie : la place du genre humain dans la classification des êtres. Mais il y est mieux préparé après l’étude des races qui est une continuation de la méthode analytique, mais un premier degré déjà pourtant de synthèse. C’est là en effet qu’il voit la distance de l’homme le plus élevé à l’animal le plus voisin, diminuer par l’interposition d’intermédiaires, et qu’il établit la gradation sériaire des groupes humains.

A partir de ce moment, ayant examiné l’homme animal, sous ses aspects principalement physiques, dans son ensemble et dans ses formes diverses, il est en droit de s’attaquer au côté moral.

Procédant de l individu à l’humanité en passant parle peuple,* il aborde

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