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CHAPITRE VIII

on n’y fait pas attention, les métis par infiltration n’ont même pas de nom. La Polynésie, la Malaisie sont au nombre de ces grandes officines de métis ; on connaît les descriptions classiques par Pritchard des métis mélano-polynésiens (1) et par M. de Quatrefages des métis de l’îlot de Pitcairn ou l’on croit assister à une expérience de laboratoire (2). Les polygénistes d’il y a vingt ans niaient les métis entre Australiens et Européens, entre Tasmaniens et Européens. J’ai contribué à en prouver la

Fig. 7. — Type arabe d’Algérie. Ali Issohanomen de la tribu kabyle des Beni-Raten ; marabout, chef de l’insurrection de 1871 en Kabylie. (Collection du Col. Duhousset.)

réalité (3) : les conditions déplorables de résistance que leur faisaient d’une part le milieu nouveau européen, et de l’autre l’hostilité des indigènes, sont les seules causes de leur petit nombre. Mais là où ils rencontrent les conditions de tous ils se confondent avec la masse de la population Européenne et prospèrent.

Lorsqu’on parle de métis on ne songe qu’à une catégorie spéciale

(1) W. T. Pritchard, Viti et ses habitants et Les Samoans. Mem. of the anthrop. society, vol. 1, 18G3-64, p. 195 et 322, London.

(2) De Quatrefages, Hommes fossiles et hommes sauvages. Paris, 1884. Les Pitcairniens, p. 236.

(3) P. Topinard, Etudes sur les races indigènes de T Australie, in Bull. soc. anthr., 1872. — Sur les Australiens , in Revue d’anthr., 1872. — Sur les métis d’Australiens et d'Européens, in Revue d’anthr., 1875. — Revue sur les Australiens, in Revue d’anthr., 1881, p. 711 à 721.

palpable, on oublie la forme la plus répandue, courante en quelque sorte. Toutes les races humaines, quelqu’anthropologiquement distantes qu’elles soient, sont eugénésiques, c’est-à-dire fécondes entre elles, toutes donnent des métis entre elles qui vivent suivant les circonstances, au même titre que tout autre enfant. Nulle part il n’est un homme qui puisse se vanter de ne pas être plus ou moins métissé. La pureté dans une famille ou dans une race n’est qu’une expression relative, souvent une question

Fig. 8. — Kabyle aux yeux bleus et aux cheveux blonds. Homme de Palestro, grande Kabylie. Taille de lm,71. (Collection du Dr Prengrueber.)

d’amour-propre. Mais combien doit-il se succéder de générations exemptes de sang étranger pour que le mot soit applicable? Toute la question estlà. Ayant défini le caractère, le type, la race, il reste le peuple.

Peuples. — La tâche est facile après les explications qui précèdent. Les peuples sont, pour l’anthropologiste, les collections humaines telles qu’elles se présentent au moment de son observation, dans l’état actuel ou passé des choses, sous les noms de peuples, de tribus, de hordes. C’est le chantier dont il tire tous ses matériaux, toutes ses connaissances : individus, races, caractères sociaux.

Les types sont des conceptions, les races sont des conceptions, les peu-

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