CHAPITRE IX
ou le bassin. Leur précision est grande, ils sont très favorables à l’expression et à l’analyse, comme à la synthèse des caractères, mais à la condition que le procédé opératoire soit suivi à la lettre ainsi qu’il a été convenu, et que les points de repère soient bien fixés. D’où la nécessité d’instructions précises aux voyageurs et même aux mensurateurs de laboratoire afin qu’il n’y ait aucun malentendu. Est-ce la faute des Instructions, ou du voyageur? c’est ce que nous verrons plus tard, mais il est certain qu’elles ne remplissent pas pour le moment le but qu’on se propose et que le même sujet mesuré par diverses personnes donne des différences qui dépassent souvent les différences possibles ou caractéristiques entre les races ou les individus. Tels sont les cas par exemple du cubage de la cavité crânienne, de la circonférence de la tête sur le vivant et d’un grand nombre de mesures ayant trait aux proportions du corps. Il n’y a pas de milieu : les caractères anthropométriques sont féconds en conséquences pratiques rigoureuses ou ils sont féconds en illusions. C’est une arme à deux tranchants, ils défendent contre la fantaisie des caractères mal décrits ou ils tuent. Nous espérons prouver au lecteur que bien conduits ils font de certaines parties de l’anthropologie une science presque mathématique .
A un troisième point de vue les caractères physiques se partagent en zoologiques et anthropologiques , distinction capitale qui repose sur l’observation suivante. Dans la distribution des êtres vivants par groupes subordonnés en classes, ordres, familles, genres, espèces et races, plus un caractère est spécial à un groupe et le distingue des groupes voisins, moins il présente dans ce groupe de différences qu’on puisse utiliser pour y établir des divisions. Ainsi en botanique les Ombellifères sont caractérisées par une inflorescence en ombelle composée, à part quelques genres qu’on y a laissés arbitrairement ; par contre cette inflorescence caractéristique ne fournit pas ou guère de différences intrinsèques à l’aide desquelles on puisse reconnaître les genres et espèces contenus dans la famille. Les Labiées, Synanthérées, Orchidées sont dans le même cas. En zoologie il en est de même à chaque étape de la classification. De là les faibles différences que l’on rencontre chez les diverses races humaines, dans le volume et les circonvolutions du cerveau, ainsi que dans ses fonctions qui constituent la caractéristique du groupe homo , remarque faite avec joie, sans s’être rendu compte de son motif par les orthodoxes qui l’ont invoquée en faveur de l’unité du genre humain et de ses divisions. C’est tout simplement l’expression d’une loi générale en histoire naturelle ; que l’homme forme un genre ou une espèce, c’est correct.
Les caractères zoologiques sont ainsi excellents pour séparer le genre humain ou la famille humaine des autres genres ou familles voisins, mais mauvais pour séparer les races. Les caractères anthropologiques au contraire sont sans valeur pour différencier l’homme des animaux, mais bons pour différencier les races humaines entre elles. Exemple : l’angle