MÉTHODES GÉNÉRALES. — SORTES DE CARACTÈRES
facial qui mesure la projection en avant de la mâchoire supérieure. Il distingue tiès bien les animaux entre eux, le cochon, le chien, les singes, et donne lieu à une échelle, à degrés assez écartés. De l’anthropoïde à l’homme notamment, un hiatus se remarque; puis dans les différentes races humaines les intervalles entre les moyennes s’amoindrissent au point de rendre leur constatation absolument illusoire. L’angle facial en un mot est un bon caractère zoologique et un mauvais caractère anthropologique.
De même pour la position du trou occipital plus ou moins en arrière de la base du crâne ; elle présente des diflérences notables d’un animal à l’autre ; de l’anthropoïde le plus élevé à l’homme le plus inférieur elle donne un hiatus plus grand encore qu’avec l’angle facial. La position du trou occipital est donc un excellent caractère zoologique du genre humain, en revanche il devient un mauvais caractère distinctif entre ses races: les différences qu’il présente de l’une à l’autre sont inappréciables.
Inversement, l’indice céphalique et la couleur de la peau qui n’ont aucune valeur pour distinguer l’homme des animaux en possèdent une très grande pour distinguer les variétés humaines. Ils n'étaient que caractères zoologiques, ils deviennent caractères anthropologiques. Le but de ces leçons étant moins de préparer à la connaissance du groupe zoologique homo et à sa comparaison avec les autres groupes zoologiques que de préparer à la connaissance des différences entre races humaines, c’est aux derniers que nous nous attacherons le plus.
Une autre division des caractères physiques a été imaginée par Broca, en se plaçant au point de vue non de l’homme uniquement, mais des Primates en général et des ordres venant au-dessous. Elle se trouve dans son mémoire sur le transformisme. C’est celle en caractères de perfectionnement, caractères sériaires et caractères indifférents , les deux premiers étant rangés sous le titre commun de caractère d'évolution.
Comme exemples de caractères de perfectionnement?c’est-à-dire donnant un avantage à ceux qui le possèdent. Broca cite l’angle de torsion de l’humérus augmentant dans la série des Primates de 90 à 180 degrés, l’élargissement croissant de la cage thoracique, la diminution et la disparition „ de l’antéversion des apophyses lombaires, le passage graduel de la position verticale du cœur adossé au sternum à sa position oblique, couché sur le diaphragme, etc., subordonnés à l’adaptation de plus en plus complète à l’attitude bipède. Comme exemples de caractères simplement sériaires, c’est-à-dire n’impliquant pas l’idée d’un avantage au profit de l’espèce, il indique la précocité de la soudure de l’os intermaxillaire à l’os maxillaire supérieur, augmentant d’un genre à l’autre, et le développement de l’appendice iléo-coecal sans utilité et plein de dangers, « très caractérisé chez l’homme et le chimpanzé, se dégradant du chimpanzé à l’orang et au gibbon pour disparaître chez les Pithéciens. » Comme caractères indifférents il cite, chez l’orang, l’absence d’ongle au gros orteil, l’absence de ligament rond à la tête du fémur, l’os supplémentaire de la première