SORTES DE CARACTERES
d’où l’homme descend dans la doctrine de l’évolution, chez les singes, les carnassiers, les rongeurs et meme chez les reptiles, soit dans une branche latérale étrangère à la branche humaine, comme les oiseaux. Certaines anomalies musculaires de ce genre se rencontrent plus fréquemment dans les races nègres, tandis que la persistance de la suture frontale médiane se rencontre plus communément dans les races blanches; les premières sont certainement des caractères réversifs individuels. La question se pose s’il ne faut pas considérer de la même façon la fréquence de l’os des Incas dans les races péruviennes, la perforation de la cavité olécranienne, certaines anomalies des dents.
Les caractères tératologiques comme la polydactylie, une paire de côtes ou une vertèbre supplémentaire, l’albinisme partiel ou général, l’hypertrichosis sont à plus forte raison des caractères individuels.
Une division non moins importante que la précédente est celle en caractères indépendants ou primaires et caractères subordonnés ou corrélatifs, harmoniques.
Les premiers sont ceux que ne gouverne aucun autre. Exemples: la nature des cheveux quelle qu’en soit la raison anatomique ou microscopique, la couleur de la peau à l’abri du contact de l’air, la forme dolicocéphale ou brachycéphale du crâne dans les conditions normales, la capacité du crâne ou mieux le volume du cerveau, le pied plat ou voûté, la stéatopygie des femmes boschimanes. Les seconds sont nombreux. Ainsi la forme dolicocéphale du crâne a pour conséquence, toutes choses égales d’ailleurs, de diminuer la largeur du front et celle-ci de diminuer la largeur du haut de la face; puis de rétrécir le diamètre temporal trans» verse en rapprochant les trous auditifs, les cavités glénoïdes et les points d’attache de l’apophyse zygomatique ; ce qui fait que la dolicocéphalie tend à rétrécir à la fois le diamètre bizygomatique et la mâchoire inférieure. La face ainsi gênée dans son mouvement latéral d’expansion tend par compensation à s’allonger, et aussi à se développer dans le sens antéro-postérieur, l’arcade alvéolaire par suite devient plus elliptique. Le crâne, plus dolicocéphale, tendra d’autre part à avoir un occiput plus^ saillant, à prendre plus de hauteur, à avoir un trou occipital plus allongé. La partie antérieure de sa base étant plus longue et par contre plus étroite le maxillaire inférieur qui s’appuie sur elle le sera aussi et l’arcade alvéolaire inférieure s’allongera comme a fait la supérieure. De là l’idée des caractères corrélatifs ou parallèles et, à côté, des caractères compensateurs. Dans le crâne brachycéphale une harmonie inverse se produit. Au milieu de ce balancement et de cet entraînement général certaines parties résistent et obéissent à une autre influence première; il en résulte alors, mais à titre exceptionnel, une désharmonie qui dans l’exemple cité peut se produire entre les diverses parties du crâne, entre les diverses parties de la face, ou entre le crâne et la face. De là les caractères harmoniques et désharmoniques qu’on retrouve partout au corps