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CHAPITRE IX

Le voyageur désire retracer leurs types. Son premier soin sera de chercher le canton le plus avantageux, la tribu la moins mêlée, je suppose, au point de vue du Berber. Il s’arrête, mettons, au Fort-National dans la grande Kabylie, c’est-à-dire dans une localité que les considérations tirées de la disposition des lieux et des renseignements de l’histoire, de l’archéologie, de la linguistique, de l’ethnographie, etc., lui désignent comme ayant des probabilités de renfermer des tribus kabyles aussi pures qu’il peut en espérer. Il évite les plaines où les conquérants ont pénétré plus aisément, les grandes voies de communication où les étrangers s’arrêtent volontiers; le Fort-National est situé au faîte d’une montagne cernée en avant par deux profondes vallées et en arrière par la barrière franchissable seulement par des cols étroits, du haut Djurjura.

Nous admettons qu’il ne sait rien des types qu’il y rencontrera. Le premier jour il prend un simple aperçu, se place sur le chemin le plus fréquenté, va au marché, dans les lieux de rassemblement, s'habitue à ne pas se laisser influencer par le costume, les allures et entrevoit déjà quelques ressemblances générales. Le second jour ses premières impressions se sont un peu casées dans sa tête; à son réveil quelques traits principaux se dégagent déjà pour lui. Reprenant ses opérations il choisit un groupe de 10 ou 20 individus, s’attache à un caractère et en fait le pointage qu’il inscrit ; puis à un second, un troisième, ainsi de suite. La veille il avait vu les traits en masse, à présent il les détaille. Il constate ainsi quels sont les caractères les plus fréquents, ceux qui s’associent le plus souvent entre eux, et aboutit à plusieurs genres de moyennes. Le jour suivant il recommence et entre davantage dans les détails : il avait trouvé que les visages longs et étroits, les nez hauts et étroits, les yeux et les cheveux noirs, les tailles un peu au-dessous de la moyenne s’associaient le plus ordinairement pour donner naissance à un type prédominant. Il reprend le nez, je suppose, s’attache à la profondeur ou à l’effacement de sa racine, à la disposition convexe, concave ou rectiligne du dos, aux ailes et narines. Le type général de la majorité étant fixé, il revient à la minorité et lui fait subir les mêmes opérations; puis il s’attache à d’autres associations de caractères plus rares et enfin aux types de transition et de croisement.

Les caractères qu’on rend à l’aide d’un numéro répondant à un échantillon typique ne sont après lout qu’une manière d’inscrire quelques-uns des caractères descriptifs. Car lorsqu’on a devant soi une série de numéros pris sur une même masse de sujets, l’un répondant pour les yeux, par exemple, à la dénomination de bleu clair, un autre à celle de bleu foncé, un troisième au gris moyen, un autre au noir foncé, on sera tout aussi embarrassé pour les mettre en valeur : ces numéros ne sont que des mots, on ne peut que par exception les additionner et en tirer une moyenne; on pourra dire : telle série se compose de trois ou de tant pour cent de

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