MÉTHODES GÉNÉRALES. — ANTHROPOMÉTRIE
sujets aux yeux bleus clairs, de cinq aux yeux gris, etc. C’est un mode de statistique dont nous reparlerons (1).
C’est là la façon rapide de procéder en voyage. Mais il y a les cas où l’on mesure chemin faisant ou bien où l’on s’installe, muni de tous les instruments nécessaires. Les opérations sont alors tout autres. Nous les décrirons amplement et terminerons même par les Instructions à suivre en pareille circonstance.
MecitercSies de laboratoire. — Les observations qu’on recueille à tête reposée dans les laboratoires sont d’ordres divers depuis les examens au microscope de l’embryon, du cerveau adulte et du cheveu, jusqu’aux dissections ordinaires et aux mensurations. Ce qu’elles ont de particulier c’est de toujours s’efforcer de faire aboutir les procédés à des expressions numériques. Non seulement les anthropologistes pèsent et mesurent les muscles, les viscères, les os, mais ils mesurent le cadavre entier, sans parler du vivant à l’occasion, et sont appelés ainsi à établir les méthodes les plus appropriées dans les diverses circonstances.
Anthropométrie. — J’ai, plusieurs fois déjà employé ce mot, qui a besoin d’être défini. Il a deux acceptions : l’une conforme à l’étymologie, l’autre établi par l’usage. Dans la première, il désigne l’application à l’homme de la méthode des mensurations, comme la zoométrie, moyen préconisé par Buffon et déjà avant lui, est l’application de la même méthode aux animaux. Qu’on mesure les os, les muscles ou les viscères, ou qu’on les pèse, c’est toujours de l’anthropométrie.
L’autre acception a été employée pour la première fois, si je ne m’abuse, par Quetelet, et concerne la mensuration des proportions du corps. Elle doit s’étendre également aux proportions du squelette qui sont la cause déterminante des premières. Lacéphalométrie, qui concerne la tête avec ses chairs, et la crâniométrie qui concerne le crâne sont donc logiquement incluses dans l’anthropométrie. Toutefois l’usage encore a limité le mot à la mensuration du corps et du squelette dans leur généralité. C’est ainsi que nous ferons rentrer le rapport de la tête dans sa totalité à la taille, et les divisions principales du visage usitées dans les arts, dans l’anthropométrie qui devient ainsi le moyen d’établir le canon de l’homme typique et de ses races.
Toutefois, dans le moment actuel, nous prendrons le mot dans son premier sens et entendrons par caractères anthropométriques, tous les caractères, quels qu’ils soient, s’obtenant à l’aide d’instruments de mensuration.
Les caractères anthropométriques sont aussi précis et aussi faciles à manier que les descriptifs sont vagues et d’un emploi incertain. Leur point de départ est dans une mesure qu’on exprime en chiffres suivis de
(I) P. Topinard, De la méthode d’ observation sur le vivant (Bull, Soc, d’anthr,} 1881,