‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 207 sur 980 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

et de la race jaune à la race nègre d’un demi-degré, on se regarde avec incrédulité. Entre les individus les différences sont plus grandes, mais l’anthropologiste cherche l’expression du groupe et non de l’individu, il compare les ensembles et non les détails.

La méthode des moyennes ne donne donc pas toujours une satisfaction complète ; elle a une certaine brutalité que n’aiment pas les esprits qui ne veulent pas être désillusionnés. C’est ce qui en fait la valeur, elle tempère heureusement les tendances de notre esprit à forcer la note dans le sens de nos désirs et de nos sentiments, et est par conséquent le meilleur palliatif contre les écarts de la méthode personnelle du diagnostic au juger. Aussi Broca, l’ennemi acharné de tout ce qui prête au sentiment individuel, a-t-il fait de la méthode des moyennes et de tous les procédés qui permettent de l’étendre, la base de toutes ses recherches en anthropologie. La lutte brillante qu’il a soutenue en 1868-G9 à la Société d’anthropologie contre Primer Bey n’était en réalité qu’une croisade contre l’introduction dans la science des procédés fantaisistes et des jugements rapides ne portant que sur quelques pièces, en faveur de la méthode des séries suffisantes et des moyennes.

Il y a utilité quelquefois à recourir à ce qu’on appelle la moyenne des moyennes ou moyenne générale, c’est-à-dire à combiner les moyennes diverses obtenues par d’autres anthropologistes et à en calculer la résultante. Un procédé déplorable trop souvent suivi même par des hommes éminents qu’on s’étonne de voir ignorer combien il est défectueux, consiste à additionner simplement les diverses moyennes, comme s'il s’agissait d’individus, et à diviser parleur nombre. Le second, scientifique et très acceptable, consiste à multiplier chaque moyenne parle nombre des cas sur lesquels elle porte, à additionner les sommes obtenues et à diviser le total par le nombre général des cas. Une moyenne roulant sur dix cas n’a pas la même valeur, en effet, que celle roulant .sur cent; dans le résultat final chaque moyenne ne peut intervenir que pour la part qui lui appartient. Le premier principe de l’anthropométrie c’est que les résultats n’ont de valeur que proportionnellement au nombre d’observations sur lesquelles ils s’appuient. Quelques cas peuvent suffire dans certaines circonstances; en général il en faut beaucoup et l’on ne saurait en avoir trop.

Voici un exemple des divergences que donnent les deux procédés : l’un mauvais, l’autre bon.

1er Procédé. — Taille.

lre série, composée de 3 cas. Moyenne . 150

Total

333 cas. Moyenne des moyennes. 1G0.0

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