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CHAPITRE IX

trine de l’imité de l’espèce humaine. C’est aller un peu loin; il n’est pas établi queles phénomènes biologiques se comportent avec cette simplicité. Les circonstances qui font varier un caractère sont trop nombreuses, trop complexes pour qu’une sériation offre d’une manière générale une pareille régularité. Néanmoins on peut tenir la proposition pour à peu près vraie dans les séries relativement homogènes. MM. Bertillon et Lagneau ont cru pouvoir s’y confier suffisamment pour être en droit de rétablir dans la liste des tailles des conscrits français mise en série, les groupes de tailles omises des exemptés non mesurés. Pour cela cependant il faut un nombre imposant de cas et une suffisante homogénéité, d’autant plus nécessaire que le nombre de cas est moindre.

Il en résulte qu’à l’aspect d’une sériation tant des cas rejetés aux extrémités de la colonne que de ceux accumulés çà et là, on peut juger de la pureté du groupe et se livrer à des considérations sur les circonstances qui ont troublé la régularité de la courbe. C’est ainsi que MM. Bertillon et Lagneau, sur la constatation de deux maximums de fréquence plus ou moins écartés dans une sériation l’un qu’on peut appeler le premier maximum, l’autre le second maximum de fréquence, jugent que les sujets proviennent de deux races différentes. C’est ainsi qu’en certains cas elle amène dans une certaine mesure à distinguer diverses catégories de variations, les unes habituelles ou physiologiques, les autres exceptionnelles, moins communes, d’autres évidemment extraordinaires, anormales ou pathologiques, dues à quelque circonstance fortuite, comme un crâne étranger égaré dans la série.

Cournot, qui déjà a appelé médiane le point central au-dessus et au-dessous duquel il y a un nombre égal de cas, propose d’appeler écart médian , le groupe central oscillant autour de cette médiane etcomprenantla moitié de la totalité des cas; cette moitié occupe approximativement en général le tiers moyen de la sériation verticale.

A côté de l’écart médian de Cournot dans une sériation, il y a l’écart J total ou l’étendue des variations. Broca l’exprimait dans tous ses mémoires crâniométriques en reproduisant les chiffres extrêmes maximums et mi- nimums de la série. Parfois il donnait deux maximums et deux minimums < dans la crainte que le premier ne soit un de ces cas anormaux dont nous avons parlé à mettre résolument de côté. L’indication de l’écart total ne ! saurait toutefois remplacer la sériation, si féconde en considérations mul- j tiples (1).

(1) Quételet (Ad.), Théorie des probabilités, gr. in-8. Bruxelles, 1846. Anthropométrie ou mesure des différentes facultés de lTiomme. Vol. in-8. Bruxelles, 1871. — Bertillon (Ad.),

De la méthode en anthropologie . Bull. Soc. antlir., 1863, p. 233. Art. Moyennes du Dict. encycl. sc. méd. 1876, 2e série, t. X. — Broca (P.), Instructions crâniométriques. Bull. Soc. anthrop., 1876, p. 429, et Mém. Soc. anthrop., 1875, 2e série, t. II, p. 126, 169 et 174.

— Topinard (P.), Sur les moyennes. Bull. Soc. Antlir., 1880, p. 32. Les laboratoires et la crânialogie. Revue scientifique, 1882, 3e série, 2e année, p. 193. — Roberts (Ch.), Manual : of Anthropometry . 1878. London. — Gould (B. -A.), Investigation in the military and an thropological Statistics of American soldiers. New York, 1869, etc.

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