MÉTHODES GÉNÉRALES. — GROUPEMENTS
Méthode des groupements. — Broca étendait la dénomination de sériation à la troisième méthode ou de groupement dont je dois parler. Ranger une collection de chiffres, disait-il, en allant du plus petit au plus grand, c est faire une ordination ; quand on veut analyser plus complètement, on fait de la sériation, c’est-à-dire qu’on divise la série en un certain nombre de tronçons ou sériés secondaires. Et il donnait pour exemple sa division de l’indice céphalique en cinq groupes inégaux. Je ne puis souscrire à cette manière de voir. Si les groupes étaient égaux, qu’on puisse comparer entre eux les nombres de cas qu’ils renferment, qu’en un mot le module soit simplement grand. Bien! Mais avec des modules inégaux, le but de la sériation, ce qui en fait la valeur est manqué. Des divisions grandes, arbitraires, inégales, introduites dans les formes diverses d’un caractère, exprimées par des chiffres, ne sont que des groupements en vue de la pratique et pour la commodité du langage. Quoi qu’il en soit, ces groupes égaux ou inégaux donnent lieu à des modes d’études que nous montrerons par un exemple. Soit l’indice céphalique de l’une des séries les plus homogènes au point de vue de ce caractère, les 176 Auvergnats de notre laboratoire partagés en cinq groupes ; les nombres de cas contenus dans chacun peuvent être étudiés comme il suit.
La première colonne indique les nombres absolus de cas, la deuxième leurs nombres proportionnels au total == 100; la troisième les moyennes.
176 Auvergnats ( Nomenclature de Broca).
Indice céphalique.
Nombres absolus Nombres proportionnels de cas. au total 100.
75 inclus, et au-dessous.
76 à 77 inclus .
Au-dessus de 83 .
Moyennes.
L’objection, très sérieuse à la méthode de la sériation est d’exiger un nombre considérable de cas. Si avec vingt ou trente individus du même sexe, adultes, les vieillards exclus, la méthode des moyennes satisfait, celle de la sériation, pour ne pas exposer à des illusions, en demande le double au moins. Il est bon néanmoins d’y recourir pour les petites séries où elle donne encore d’utiles renseignements.
Ilest une modification dans le système de la sériation, bonne en ellemême, contre laquelle nous devons mettre en garde. Elle consiste à réduire chaque nombre partiel et réel de fréquence en un nombre proportionnel à la totalité des cas pris comme 100, 1,000 ou 10,000, comme dans la troisième colonne du tableau précédent. Il est des auteurs qui l’appliquent à des séries minimes de 20 et 30 cas, peut-être plus, et
(1) P. Topinard, Delà méthode en crâniométrie (Bull. Soc. anthr., 1873, p. 851).