CHEVEU. — TECHNIQUE DU MICROSCOPE
de côté, les formes concaves à la façon d’un haricot peuvent cependant être considérées comme normales quoiqu’on puisse les expliquer par une incurvation des bords par dessiccation (noS 10, Il et 12 de la figure 24). 2° Il faut se garder de choisir dans une préparation les coupes plus conformes à telle ou telle idée, mais mesurer successivement toutes celles qui sont accessibles au micromètre et en prendre la moyenne. 3° La forme du cheveu varie probablement dans des limites et suivant des lois que nous ignorons aux âges extrêmes.; il faut donc s’en tenir pour les questions de race aux cheveux de l’adulte. 4° La coupe du cheveu varie très probablement, mais dans une étendue moindre qu’on a présumée, non seulement sur les diverses parties du corps, au visage et à la tête, mais aussi sur les diverses parties de la tête; il faut donc en prendre en plusieurs endroits; plus tard on pourra convenir des endroits à adopter de préférence. 5° La grosseur du cheveu, sensiblement égale dans toute sa longueur, diminue vers sa pointe; on peut supposer que sa forme varie en cet endroit; il faut donc pratiquer les coupes vers le milieu ou la base. 6° La forme du cheveu obéit à la loi universelle en anthropologie; elle varie dans une certaine limite d’un individu de même race à un autre, moins assurément qu’on ne l’a cru; moins, j’en suis convaincu, que la plupart des autres caractères physiques, crâniométriques par exemple. Il ne faut donc rien conclure de moins de 10 à 12 sujets, davantage si l’on a affaire à des groupes très mélangés et contradictoires. Réduisons les préparations sur un même sujet à trois : au bregma, à la bosse pariétale droite et à la bosse pariétale gauche; cela fait 30 à 36 préparations, peutêtre faut-il ajouter, ce que j’ignore encore, sur des sujets du même sexe.
C’est donc une opération laborieuse à laquelle tous ne savent pas se résigner. Mais la science ne s’acquiert qu’avec de la persévérance.
On a objecté à Pruner-Bey que ses coupes avaient peut-être été mal faites; à cela je répondrai qu’elles ont été pratiquées, m’a-t-on affirmé, par M. Bourgogne, l’un des plus habiles préparateurs de Paris, faisant sa spécialité des préparations microscopiques. On a objecté d’une manière générale que le cheveu plie et s’incline sous la pression du rasoir et que la coupe de ronde devient ainsi elliptique. Évidemment, mais d’une part cette objection ne concerne pas les coupes trouvées rondes, et de l’autre elle est facile à éviter en suivant rigoureusement le procédé classique, avec lequel on devient familier en quelques jours. Du reste il y a toujours dans la préparation quelques coupes sur champ qui permettent de voir si la coupe est bonne et les deux sections bien parallèles. Yoici le procédé :
L’opération se fait en cinq temps : 1° tension et fixation des cheveux; 2° préparation d’une plaque collodionnée qui les renferme; 3° fixation de cette plaque sur le microtome; 4° section de la plaque et des cheveux inclus; 5° montage des coupes obtenues.
Premier temps : deux gouttelettes de cire à cacheter sont déposées sur