CHAPITRE X
une plaque de verre, à 2 centimètres de distance ; l’extrémité de chaque cheveu, un par un, est fixée à la cire en s’aidant d’une aiguille chauffée. On laisse refroidir. Chaque cheveu est alors tendu parallèlement à son voisin, et son extrémité, encore libre, fixée de même à l’autre gouttelette de cire. Le lendemain, si quelques cheveux ont glissé dans la cire et se sont détendus, on les retend et fixe à nouveau.
Deuxième temps : on verse plusieurs couches de collodion épais (1) de façon à en engluer totalement les cheveux. Le lendemain, si le collodion est bien sec, on détache la plaque, on en coupe les deux extrémités et on la conserve dans l’alcool pour l’empêcher de se déformer.
Troisième temps : le jour où il plaît, fixation de la plaque de collodion sec renfermant les cheveux verticaux, parallèles et tendus, sur le microtome de Lelong avec la pince qui fait partie de l’appareil, la plaque étant adossée contre une petite planchette de bois blanc.
Quatrième temps : on fait jouer la vis réglant l’épaisseur à couper. Sections successives avec un rasoir, en appuyant contre la petite planchette, sans scier, d’un coup sec et décidé.
Cinquième temps : transport des tranches obtenues sur une plaque de verre, et montage du tout dans la glycérine ou le baume de Canada.
C’est le procédé du Dr Latteux, facile et sûr (2). Il ne reste plus qu’à examiner les quatre ou cinq coupes qu’on a ainsi sur la même plaque, à en mesurer successivement la longueur et la largeur, et à en calculer les moyennes. Cette mensuration se fait directement avec le micromètre ou sur des dessins obtenus à la chambre claire.
La doctrine de Weber, Henle, Kolliker et Pruner-Bey qui s’appuie sur le parallélisme constaté entre le degré d’enroulement du cheveu et son degré d’aplatissement ou de forme elliptique et y voit une relation de cause à effet, a cependant trouvé des contradicteurs. Suivant les uns, c’est la finesse qui cause la frisure et la grosseur qui fait la rigidité ; il est en effet remarquable que ce soit le cheveu gros des races jaunes qui se maintienne seul droit et le cheveu fin des races nègres qui soit le plus enroulé et que parmi celles-ci les Boshimans qui ont les cheveux les plus fins aient en même temps les tours de spire les plus étroits. Suivant les autres, MM. Nathusius (3), Hœger, Ch. Stewart et A. Stuart, c’est la forme du follicule qui engendre la forme du cheveu quelle qu’elle soit. « La portion du cheveu et du follicule contenu dans la peau du cuir chevelu, dit M. Stewart en 1873, est plus longue chez le nègre que chez l’Européen et est remarquablement incurvée au point de décrire un demi-cercle; » en général, ajoute M. Stuart, la courbe ne décrit cependant qu’un quart de cercle (4). Enfin M. Sanson soutient que chez le mouton les zigzags
(1) M. Reichert emploie à la place le gutta-percha et M. Malassez la gélatine.
(2) Latteux, Technique microscopique. Paris, 1883, p. 239.
(3) Nathusius, Bull. Soc. Anthr ., 1868, p. 717.
(4) Anderson Stuart, Journ. Anat. et Physiol., vol. XVI, part. III, avril 1882.