‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 259 sur 980 · CHEVEU DES NÈGRES · texte numérisé non relu

CHEVEU DES NÈGRES

et que, démêlés avec le peigne, les petits paquets se reformaient sous d’autres combinaisons. D’autre part avec M. Hamy je sortis de l’alcool deux enfants boshimans au Muséum : ni l’un ni l’autre n’avaient d’intervalles glabres. Enfin, sur ma demande, le commissaire du Cap de Bonne-Espérance à l’Exposition de 1878, M. Spencer Todd, fit à son retour une petite enquête sur le sujet et me répondit que les cheveux des divers nègres boshimans ou autres qu’il avait comparés présentaient tous la même disposition, c’est-à-dire une insertion continue des cheveux par séries linéaires et parallèles, sans prédominance en certains points. La question est donc jugée et la classification de MM. Fr. Müller et Heckel condamnée (1).

Mais l’aspect par petites boules conserve toute sa valeur, la grosseur et le rapprochement de ces petites boules varient même au point que par elles on peut établir une véritable échelle de nègres. Les conditions qui favorisent en somme leur production sont les suivantes : l’étroitesse des tours de spire, la brièveté et le peu d’abondance des cheveux et par-dessus tout le défaut d’emploi du peigne, toutes conditions réalisées au maximum chez les Boshimans, mais qu’on rencontre également chez d’autres nègres d’une façon isolée ou sur la pluralité d’un groupe.

En résumé, le type général du nègre est caractérisé par les cheveux laineux ou crépus, et non par la couleur noire, contrairement à son étymologie ( nige.r ). On rencontre fréquemment à la surface du globe des races dont le visage est d’un noir intense et qui n’ont ni les cheveux laineux ni l’ensemble des caractères dits négritiques. Tels sont les Australiens, les Nubiens qu’on a vus au Jardin d’acclimatation et les Arabes Hymiarites de l’Yémen. Tel est le noir de Pondichéry disséqué au laboratoire, dont l’examen du cheveu figure dans le tableau des faits isolés de M. Latteux.

Ces cheveux sont plus ou moins courts, plus ou moins enroulés en spirales de 1 à 8 millimètres de diamètre, plus ou moins abondants et donnent lieu sous ce rapport à une série hiérarchique. Mais le plus souvent l’observation en est entravée par l’action du peigne; ils se disposent alors en une sorte de toison tout autour de la tête ou de boule compacte dont le terme extrême est la vadrouille.

Quelle que soit la forme prise spontanément ou donnée artificiellement à la chevelure laineuse du nègre, il arrive un moment, surtout chez les métis, où son passage aux cheveux frisés se fait insensiblement. De même, plus loin, les variétés plus ou moins frisées de ceux-ci passent-elles insensiblement aux variétés du type ondulé, et enfin à celles du type droit. Les limites de ces types sont insaisissables, et cependant les types euxmêmes sont incontestables et très distincts.

Néanmoins, d’une part le type des cheveux laineux est un avec des gradations, de l’autre le type des cheveux dans l’humanité est un avec des variations, portant sur l’un ou l’autre de ses caractères particuliers : fri-

(1) Topinard, Bull. Soc. d’Anthr ., 1878, p. 61 et 96; 1880, p. 231

Page 1