HISTORIQUE. — HÉRODOTE
tones, et des conquérants nomades, les Scythes proprement dits, dont l’une des tribus portait le nom de Scythes Royaux. Ces tribus venues d’Asie peu auparavant avaient été chassées du pays au delà de l’Araxe par les Massagètes, et avaient à leur tour déplacé les Cimmériens des bords du Pont-Euxin. Les autochtones étaient-ils de race finnoise, les Scythes de race mongole? C’est une question à réserver. Dans ces pays existaient du reste des peuplades aux yeux bleus et aux cheveux roux, les Budins , par exemple, à quinze journées de marche au nord du Palus Méotide. Les Cimmériens, qu’on assimile (à tort suivant Roger de Belloguet) aux Cimbres de Marius, Cambriens d’Angleterre et Kymris du pays de Galles, étaient également blonds. Quant aux Massagètes, ils étaient décidément asiatiques; polyandres comme certaines des tribus thibétaines de nos jours, ils tuaient et mangeaient leurs parents âgés pour leur éviter les désagréments de la sénilité.
Deux fois Hérodote parle du crâne humain : une fois pour remarquer sur l’ancien champ de bataille de Platée que les crânes des Perses sont minces et ceux des Egyptiens très épais, ce qu’il attribue, chez les premiers, à l’habitude de se couvrir la tête et de ne pas sortir de leurs habitations, et chez les seconds à celle de se raser la tête dès l’enfance et de s’exposer au soleil sans coiffure. C’est la théorie de l’influence des milieux faisant son apparition comme la chose la plus naturelle.
Scylax complète Hérodote sur quelques points. Voyageur et géographe, il écrivit, en 420 avant notre ère, un périple de la Méditerranée dont un abrégé nous est parvenu. « Des colonnes d’Hercule au mont Pyrénée, dit-il, s’étendent les Ibères, ensuite jusqu’au Rhône un mélange d’Ibères et de Ligures, et après le Rhône des Ligures seulement. » C’est sur un passage de lui que Broca s’appuya pour combattre l’opinion de Shaw que les blonds de l’Aurès sont les restes des Vandales de Bélisaire. Les habitants du golfe de Gabès (à l’endroit par lequel on voulait, dans ces derniers temps, faire pénétrer les eaux de la Méditerranée dans les chotts de l’Algérie), disait Scylax à une époque bien antérieure par conséquent à Bélisaire, sont blonds et de haute taille. La doctrine soutenue par Broca a été prouvée depuis par les monuments égyptiens qui montrent, vers 1450 avant notre ère, une invasion des Lebous ou Libyens, au nombre desquels les Tamahou, grands et blonds, repoussés par Menephtha, de la dix-neuvième dynastie, ainsi qu’il a été dit tout à l’heure.
Un dernier voyageur, ctesias, sur lequel M. de Quatrefages a appelé l’attention à plusieurs reprises, est à indiquer. Ses récits ne peuvent toujours être pris à la lettre, mais ils renferment des renseignements que la science a confirmés. Médecin d’Artaxerxès Mnémon, il était à proximité de l’Inde sur laquelle il a écrit, si même il n’y a voyagé. Il y décrit des indigènes de petite taille, aux cheveux et à la barbe longues, au teint noir et au nez camus, que signalent aussi les annales japonaises, et qui correspondent au type sous lequel on doit se représenter les habitants des