CHAPITRE XI
seur ou éphélides qui donnent au visage un aspect piqué ou marbré et deviennent confluentes.
C’est dans les races moyennes, c’est-à-dire à un premier degré dans les races brunes d’Europe, et à un second degré dans les races jaunes, que l’influence des conditions extérieures : saisons, climats, atmosphère maritime, air vif, est le plus sensible 11 suffît de quelques jours pour qu’un brun de France prenne une teinte chaude bronzée uniforme, d’un bel aspect, sans que la peau en souffre. Cette différence profonde avec le blond est certainement l’un des meilleurs caractères distinctifs entre les deux races. Les Hollandais et les Portugais transportés dans le même pays tropical seront affectés tout différemment. Dans les races jaunes le pigment se développe d’une façon accidentelle avec une intensité considérable. Mais il y a des différences remarquables entre elles; chez les unes l’action de l’air pousse à une coloration noir olive, par exemple chez les Indo-Chinois et les Malais; chez les autres, elle donne une nuance noire briquetée ou rouge sombre comme chez les Gûaranis, les Fuégiens. Il n’est pas certain, par parenthèse, que même chez les Européens, par exemple chez les ouvriers travaillant au soleil à demi nus, il n’y ait une tendance semblable au rouge sombre, sans qu’ils appartiennent pour cela à une race blonde.
Du reste, dans un même groupe de population soumis aux mêmes influences, les variations les plus grandes s’observent. Une action passagère, répétée d’année en année, soutenue d’une façon continue, ne produira pas rigoureusement les mêmes effets quoiqu’elle aboutisse toujours à une augmentation du pigment cutané. Tout individu est un métis dans lequel entrent, par plusieurs de ses ancêtres immédiats ou éloignés, des doses variables de races diverses. Il peut avoir un caractère de la race blonde ou brune par la façon dont sa peau se comporte au soleil, et ne pas posséder les autres caractères plus démonstratifs de ces races. Ainsi s’expliquent les cas contradictoires cités en faveur de telle ou telle doctrine sur l’influence des agents atmosphériques sur la peau.
L’air ou, comme le présume quelque part M. de Quatrefages, l’ozone, la lumière et la chaleur, sont les stimulants naturels de la sécrétion pigmentaire, leur régulateur. Dès la naissance, ce sont eux qui développent la matière colorante du nègre; à l’état adulte chez le blanc, le jaune ou le rouge, ils agissent de même. Affaiblis , ils amènent un résultat contraire: la décoloration chez les mineurs, absolument comme dans les salades que les maraîchers font blanchir dans des caves; le vitiligo chez les Yuracarès visités par d’Orbigny, sur le versant occidental des Andes, dans des forêts touffues, humides, formant berceau sous lequel le soleil ne pénètre jamais.
Les excitants directs de toute nature des fonctions cutanées opèrent de même d’une manière générale. L’emploi répété de sinapismes, d’huile de croton, de vésicatoires, laisse la peau plus foncée. Nous avons dit que les