HISTORIQUE. — HIPPOCRATE
tête par suite des idées de noblesse qu’ils attachaient à cette forme. Lorsqu’un enfant venait au monde et que sa tête était encore molle, on la façonnait avec les mains, on la forçait à s’allonger à l’aide de bandes et d’appareils qui en changeaient la forme arrondie et en augmentaient la hauteur. « Dans le principe, grâce à cette coutume, le changement de forme était dû à ces manœuvres violentes, mais avec le temps cette forme s’identifia si bien avec la nature que celle-ci n’eut plus besoin d’être con-
Fig. 1. — Macrocéphale du temps d'Hippocrate. Recueilli par M. Chantre dans le cimetière ancien de Samthravo, près de Tiflis.
trainte par la coutume et que la puissance de l’art devint inutile. Car puisque ceux qui naissent de parents chauves sont chauves, ceux qui naissent de parents aux yeux bleus ont des yeux bleus, ceux qui naissent de parents louches sont louches, et ainsi du reste, pourquoi un père à tête allongée ne donnerait-il pas naissance à un enfant à tête allongée (1)? »
Jusqu’ici, le doute n’est pas permis, l’auteur croit à la transmission par hérédité de la déformation acquise artificiellement de la tête. Mais il termine brusquement comme il suit : « Aujourd’hui cette forme n’existe plus comme autrefois, parce que la coutume est tombée en désuétude par
(1) Œuvres d’Hippocrate, traduct. franç. de Ch. Daremberg, 2 vol. Paris, 1855, 2e édit. ; et môme ouvrage, traduct. franç. de Littré, 3 vol. 1839-1861, t. II, p. 59.