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CHAPITRE XI

L’examen analytique delà matière colorante principale de l’organisme, la seule qui soit un pigment à proprement parler, conduit en définitive à constater son unité anatomique à tous les âges, sur toutes les parties du corps et dans toutes les races : l’unité de ses variations physiologiques dépendant toutes du degré d’activité d’une même sécrétion, sous l’influence d’agents extérieurs qui agissent directement ou indirectement, et l’unité de ses altérations physiologiques, plus ou moins visibles suivant le fond coloré sur lequel elles reposent, mais se réduisant toujours et partout à des modifications de quantité et de siège, par suite de causes congénitales internes ou de causes accidentelles externes. Dans cet ensemble, les races semblent s’effacer, on voit un type unique, le type humain, se modifiant par ses nuances dans les groupes généraux et par ses tons dans les individus, sous l’influence des stimulants naturels de la fonction.

Influence des milieux. — L’esprit est donc préparé, en arrivant à la question des relations des milieux et des races, à admettre le principe remontant à Hippocrate, de l’action des premiers sur celles-ci, et la doctrine de Buffon et des monogénistes, que la couleur extérieure du corps est le reflet des conditions atmosphériques et de l’état de santé. Il admet tout au moins que, par la persistance de certaines de ces conditions et leur répétition sur une suite de générations, une forme de coloration puisse disparaître pour faire place à une autre; ce qui équivaut à concéder le mode deformation des races dont l’anthropologie s’occupe actuellement, ou du moins de leur couleur par les milieux.

Il acceptera avec confiance que la teinte brique de l’Indien de l’Amérique du Nord soit due à l’exposition prolongée au grand air d’une race antérieure dont la peau présentait le genre de sensibilité particulier aux blonds de l’Europe; que les Esquimaux aient acquis leur teint enfumé sous le cercle polaire depuis qu’ils ont abandonné des latitudes méridionales tempérées; que certaines des races de l’Indo-Chine au teint olivâtre ne soient que celles de la Chine, d’un blanc jaunâtre, soumises à un climat plus excitant pour leur système cutané; que les nègres soient, comme le pensaient Hérodote et Aristote, le produit des rayons perpendiculaires du soleil tropical. Il pensera que les blonds ne sont aujourd’hui rares en Algérie, après les immigrations importantes dont l’histoire et l’archéologie font mention, que parce qu’ils ont été transformés et se sont identifiés par la peau avec les Arabes et les Berbers. Dans les Chaouias de l’Aurès dépein ts par Shaw avec des cheveux roux, des yeux bleus ou clairs et des éphélides au visage, il verra le reste de ces blonds en voie encore de transformation; dans un sujet au teint rose fleuri, comme celui du plus pur fils d’Albion, et aux yeux bleus tels que j’en ai vus en Algérie dans une tribu très authentique de Berbers, il reconnaîtra un descendant intact des an-

animaux , vol. I. — De l'albinisme et du mélanisme. Paris, 1832. — Dict. encyl. sc. méd. Article : Mal bronzé d’Addison, Albinisme, Mélanose, Mélanisme. — Hardy, Leçons sur les maladies de la peau , 2e partie. Macules et difformités de la peau. Paris, 1859.

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