LA COULEUR. — INFLUENCE DES MILIEUX
tiques Tamahou, un réfractaire à la loi d’extinction de races en minorité.
Il sera confirmé dans sa conviction par la répartition générale présente de la couleur à la surface du globe : les noirs aux cheveux laineux ou droits, du Sénégal aux plateaux de l’Abyssinie, les Arabes noirs de l’Yémen ou Hymiarites, les noirs de l’Inde à côté des Dravidiens au teint de mulâtre, les Négritos, Papous, Australiens, tous entre les tropiques; au-dessus d’eux dans l’hémisphère boréal dont la configuration continentale se prête mieux à une libre répartition, les bruns, c’est-à-dire les Juifs et Arabes, les Berbers, les Méditerranéens et la majorité des jaunes de ton moyen; plus au nord, répandu avant l’ère chrétienne des frontières du royaume britannique à l’extrémité orientale de la Sibérie, le grand groupe des races blondes et rousses.
Assurément dans cette répartition il rencontrera de nombreuses contradictions: les Esquimaux aussi foncés que les Malais, les premiers sous le cercle arctique, les seconds sous l’équateur; les Indiens de la Californie, les Gharruas de l’Uruguay, aussi noirs que des mulâtres, les premiers par 30° de latitude nord, les seconds par 30° de latitude sud, tandis que sous l’équateur habitent les Guaranis plus jaunes que rouges, et les Caraïbes plus rouges que jaunes ; les Tasmaniens, du plus beau noir par 41° de latitude sud, tandis qu’en face, dans le nouveau monde, les Fuégiens, par 34° de latitude sud, ont la couleur bronze rouge que chacun a pu leur voir au Jardin d’acclimatation, et les Boërs descendants des Hollandais, par 29° de latitude sud seulement, ont conservé le teint qu’ils ont dans leur patrie primitive. Mais ces contradictions ne sont qu’apparentes.
La position qu’occupe un peuple, son emplacement antérieur, l’endroit où au delà il a acquis ses caractères physiques, sont un vaste problème appelant toutes les lumières de l’histoire et de l’archéologie. Ce que nous voyons est la suite de flux et de reflux des populations, de combats acharnés pour la possession des lieux les plus avantageux. Les vaincus ont fui où ils ont pu parterre, par mer, suivant leurs aptitudes, les uns dans les glaces polaires où la concurrence n’existe qu’avec la nature, les autres dans des îles éloignées comme la Tasmanie ou la Terre-de-Feu, d’autres dans des extrémités de continent comme le cap de Bonne-Espérance ou des montagnes, d’autres dans des oasis. Si la loi du plus fort préside pour une grosse part à la répartition des peuples, la configuration géographique n’y joue pas un rôle moindre.
Une autre cause de contradiction apparente dépend de la fausse idée que nous nous faisons souvent des conditions climatériques d’un lieu. Ce n’est en particulier ni la latitude, ni l’altitude, ni la sécheresse ou l’humidité qu’il faut considérer, mais l’ensemble des conditions concourant à l’influence générale. Les courants aériens ou maritimes qui échauffent, rafraîchissent, dessèchent ou apportent de l’humidité ; les dispositions telluriques qui rendent le sol perméable ou imperméable et favorisent ou s’opposent à la végétation ou à la formation de déserts incultes ou de