LA. COULEUR. — INFLUENCE DES MILIEUX
également éminents, sur la même question. Livingstone affirme que la chaleur humide fonce les populations nègres de l’Afrique, tandis que d Orbigny conclut qu’elle pâlit les populations brun-jaunâtre de l’Amérique du Sud. Prichard, s’appuyant sur le témoignage de Bruce comparant les indigènes de Kafia et d’Enarea, très clairs sur les points les plus élevés de l’intérieur à ceux du littoral de la mer Rouge, plus foncés et aux nègres tout à fait noirs des plaines au-dessous du massif, conclut que la coloration diminue avec l’altitude. M. Antoine d’Abbadie raconte que le teint au contraire fonce considérablement en s’élevant, en Abyssinie, et pâlit en descendant. Tous les voyageurs en disent autant des Péruviens, qui sont plus noirs dans les vallées élevées des anciens Aymara que les habitants de la côte au- dessous. Lorsqu’on descend des hauts plateaux et qu’on va à Lima, le teint s’éclaircit, répète M. Wiener.
En somme, la coloration cutanée, dont la coloration des yeux et des cheveux est plus ou moins solidaire, se répartit dans le présent, et se répartissait plus encore, entrevoit-on, dans le passé, partons décroissant de l’équateur aux pôles, la configuration géographique actuelle et précédente et les bouleversements des peuples expliquant la plupart du temps les contradictions à cette règle: ce qui est conforme aux données de physiologie montrant que la chaleur, la lumière, l’air vif et renouvelé, sont les excitants naturels extérieurs des fonctions cutanées, et à celles de l’anatomie et de la pathologie sur l’unité de l’appareil pigmentaire et de ses maladies. L’analyse et le raisonnement sont ainsi absolument favorables à la thèse monogéniste ancienne, devenue la thèse transformiste présente. Les formes diverses de la coloration dans les races peuvent et doivent dépendre presque entièrement des milieux extérieurs!
Eh bien, non, nous ne sommes pas scientifiquement en droit de tirer cette déduction de ce qui paraît cependant être de toute évidence. A propos des cheveux, les variations anatomiques, physiologiques et pathologiques nous ont amené à cette même conclusion, mais le mécanisme, l’agent extérieur déterminant la transformation nous échappait. Ici ce mécanisme, la cause déterminante extérieure, nous les tenons. Mais nous n’en sommes pas plus avancés, à regret il nous faut conclure comme pour les cheveux et dire, en nous servant d’une locution de M.de Quatrefages: Tout, dans l’histoire anatomique et physiologique de la coloration, est comme si la coloration était le produit des milieux et cependant nous ne sommes pas en droit d’assurer qu’il en soit ainsi, nous n’en avons pas la preuve, l’observation affirme même le contraire.
Les acquisitions dans la quantité ou la qualité du pigment par l’individu ou lespertes qu'elles subissent, ensupposantque sous l’influence des mêmes causes permanentes elles se continuent jusqu’à la mort, sont personnelles à l’individu. Elles ne se transmettent pas à ses enfants d’une façon • sensible. Le fils, soumis aux mêmes influences, acquérant les mêmes caractères, ne les léguera pas davantage. Dix générations se succéderont,