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LA COULEUR. — VARIATIONS DE RACE

bassin du Nil et sur les versants de l’Atlas. Fort bien. Mais ce n’est pas la permanence de telle et telle couleur dans le temps qu’il s’agit de prouver, mais sa permanence en tant que caractéristique d’une race donnée. II n est pas douteux que la couleur blanche et la couleur noire de la peau n existent aujourd hui comme jadis. Mais la retrouve-t-on avec sa nuance et son ton, et dans les mêmes types de races? Les yeux bleus, les cheveux blonds et le teint rouge, n’ont aucune raison de disparaître dans l’humanité. Mais ils ne restent pas forcément unis, ils se dissocient, s’atténuent, se fondent, reparaissent, se retrouvent, et comme déraison, tendent à se réunir sous les combinaisons qui leur sont plus faciles. On confond sans cesse le caractère avec la race, comme d’autres fois l’individu avec la race. L’association de la couleur noire ou rouge avec descheveux laineux et du prognathisme, ou celle du teint blanc avec des yeux bleus et des cheveux blonds, n est pas plus décisive. L’une et l’autre caractérisent un embranchement de races et non une race donnée. De ce que des blonds ont été vus et figurés par les Egyptiens et qu’ils soient semblables aux blonds que nous retrouvons aujourd’hui en Europe, il ne résulte pas qu’il y ait continuité entre eux et que les premiers n’aient pas perdu leur qualité de blonds en Afrique, sous l’influence des milieux, des conditions d’existence nouvelles et peut-être bien aussi des croisements. Ressemblance n’implique pas filiation.

Jusqu’à nouvel ordre, donc, contrairement aux opinions d’Hippocrate, de Buffon, deBlumenbach et de M. de Quatrefages et aux doctrines monogénistes et transformistes, nous sommes forcés de considérer la couleur, c’est-à-dire ce qui se prête avec le plus de facilité et le plus de logique à une action des milieux, comme un caractère permanent de race dans l’horizon de notre observation.

Variations de race. — Lorsque je dis que la couleur est permanente dans les races, dans l’horizon de notre observation, et par conséquent estun caractère sur lequel on peut s’appuyer dans la classification de ces races, j'entends que jamais jusqu’à ce jour, dans des races connues dont on a pu suivre la continuité de génération en génération sans mélanges, on ne l’a vue se modifier et se fixer dans la race, et que jamais on n’a démontré qu’une couleur nouvelle acquise rapidement ou lentement, par un seul ou parune suite d’individussoumisauxmêmes causes, soit devenue héréditaire chez lesindividus suivants, lorsquelescausesqui l’ontproduiteont disparu.

Les voyageurs et naturalistes qui ont pris la couleur de la peau pour caractériser et désigner les principales grandes races qu’ils entrevoyaient à la surface du globe y étaient donc autorisés. Personne ne contestera que ce ne soit à priori le plus facile à saisir et à exprimer de tous les caractères et que malgré soi on y revienne.

Mais est-il assez typique dans ses diverses formes pour tenir le premier rang et être préféré à tout autre ?

Les variations naturelles qu’il présente d’une partie du corps à l’autre,

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