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CHAPITRE XI

types, olivâtre et rougeâtre, soient physiologiquement vrais. Mais le caractère général du type, une certaine coloration jaune claire qu’on retrouve sur les parties cachées par les vêtements et qui tient le milieu comme nuance, ainsi que l’a dit Blumenbach, entre le grain de blé et l’écorce d’orange cuite, est constant dans toutes les races qui ont ies cheveux durs, longs, gros, rectilignes et à coupe transversale ronde. Je ne fais de réserve que pour les Peaux-Rouges, chez lesquels le rouge remplace peutêtre le jaune. Toutes les autres races : Kalmoucks du Kouldja, Samoyèdes, Bouriates, Tchouktchis et Giliaks de la Sibérie, Aléoutes, Esquimaux, Japonais, Chinois, Coréens, Thibétains, Malais d’Asie, Draviviens et Indo- Chinois ayant le cheveu caractéristique en question, rentrent dans le type jaune.

Types ronges. — Faut-il admettre ce type de coloration pour la peau, comme distinct ou n’étant qu’une dérivation, une variété du type jaune? On a beaucoup parlé de l’homme rouge d’Amérique, légende due surtout à l’habitude de se peindre le visage en rouge qu’avaient les Indiens rencontrés par les premiers navigateurs. Cette coloration rouge est cependant réelle et est exprimée le plus souvent pa^ les expressions de cuivré, brique, cannelle. Ce dernier mot indiquerait cependant qu’il entre du jaune dans la nuance. Bradley, qui a le premier fait entrer la race américaine du Nord dans une classification des races, ne parle pas de leur couleur. Hamilton Smith dit que les pêcheurs européens du Bengale sont plus rouges que

les Indiens des Etats-Unis. La couleur rouge des Américains n’est pas cantonnée au nord; elle se retrouve au midi, luttant de la façon la plus évidente contre une tendance au jaune ou à l’olivâtre. D’Orbigny et Humboldt l’y ont contesté; jamais, dit le premier, je n’ai vu d’Américains du Sud de teint rouge cuivré.

Les Fuégiens et Galibisont, à Paris, donné la preuve que cette opinion n’est pas acceptable. Je pourrais répéter ici de ces deux groupes ce que j’ai dit des Esquimaux : suivant la partie du corps examiné, le degré de modification produit par l’air, le jour sous lequel on regarde la peau, la îistance où l’on se place, les impressions qu’on reçoit, varient. Dans mes notes sur les Fuégiens, je trouve indiqué que leur peau est comparable à du «. chocolat rougeâtre peu foncé, à du cuir jaune rougeâtre vieux ». J’y vois aussi l’indication de reflets verdâtres qui, à eux seuls, témoignent de la présence du jaune dans leur peau. Pour les Galibis, M. Manouvrier, chargé du rapport sur notre visite, ou mieux sur les visites réitérées de la Commission, écrit : « Leur peau est rouge, mais passe par le jaune pour y arriver; s’il peut être contesté que l’influence du milieu puisse faire à la longue d’un blanc un noir, il est incontestable que l’influence du soleil rougit la peau du blanc. Un jour, revenant de voir les Galibis, je passai près de plusieurs ouvriers qui déchargeaient des bateaux pleins de sable. Ces hommes travaillaient vêtus d’un simple pantalon, et leur dos, leur poitrine, leur visage n’étaient pas moins rouges que ceux des Galibis. » La

LA COULEUti. — TYPES ROUGES.

peau des Galibis, doit-on conclure du travail de M. Manouvrier, est jaune primitivement, mais deviendrait rouge par l’exposition au soleil, comme chez le blanc elle devient brune. Le rouge serait le hâle du type jaune. J’ai maintes fois poursuivi cette idée qui compte d’excellents arguments en sa faveur; mais ne pourrait-on également soutenir que l’olivâtre et le bronze antique sont un autre mode de hâle des races jaunes?Le mieux est de croire que, par suite de l’unité anatomique du pigment dans les organismes et des mélanges de races, il n’y a pas de démarcation nette entre le rouge et le jaune, entre le jaune et le vert. Cependant, en planant au-dessus des divergences de détail, il y a lieu d’admettre dans le type jaune un sous-type rouge essentiellement pour les Américains du Nord et un sous-type olivâtre bien évident au Pérou.

Le tableau ci- après de d’Orbigny, l’un des voyageurs naturalistes les mieux préparés au sujet qui se soient préoccupés de la couleur, mérite d’être reproduit. Je fais observer que l’auteur a vu par lui-même, mais que son expérience ne s’étend pas aux Fuégiens qu’il ne connaissait que par des renseignements, et encore moins aux Galibis, placés sur les frontières delà zone guaranie et de la zone caraïbe.

Races américaines . — Couleur variable du jaune brun au rouge cuivré.

1° Race ando-péruvienne . Couleur brun olivâtre.

2° — pampéenne . — —

3° — brasilio-guaranienne . . . . . . — jaunâtre.

La question d’un type rouge se pose également en Afrique. Là, au milieu de nègres de toutes nuances, mais souvent associée à des cheveux droits ou frisés, assurément non laineux, comme chez les Foulbes de Barth et les Barabras de la mer Rouge, s’observe une coloration rouge ou rouge jaunâtre de la peau. Si on la rapproche de l’habitude des anciens Égyptiens de se peindre en rouge sur leurs monuments, habitude qui a dû prendre son origine dans quelque légende sur le berceau des anciens conquérants de la vallée du Nil, et de la fréquence de tribus aux traits rougeâtres indiquée par les voyageurs dans l’Afrique centrale, depuis le Nil blanc jusqu’au Zambèze, au delà duquel Burchell, le premier, a parlé des Gafres rouges ou Tammakas, on est forcé d’admettre en Afrique un type rouge ancien, aujourd’hui dispersé, mais dont il faut recueillir les débris, et qui peut être celui d’une race très importante, ayant joué son rôle dans le développement de l’humanité dans cette partie du monde.

N’était ce type africain dont les races correspondantes sont profondément différentes de toutes les races jaunes, on pourrait supprimer totalement le type rouge et rattacher celui des Américains du Nord au type jaune, ainsi que le veulent leurs autres caractères.

(1) SuivaDt l’amiral Fitz-Roy, les Pescherais sont rouge acajou foncé et, suivant le lieutenant Musters, les Patagons sont brun rouge.

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