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CHAPITRE XI

Le type noir se comprend de lui-même. Les cheveux et les yeux y sont noirs, la peau y est noir bleuâtre, plume de corbeau ou jais dans les cas les plus prononcés. Il est aussi légitime que le type blond, la plus haute expression du blanc. Il se rencontre essentiellement en Mélanésie et en Afrique et, de part et d’autre, à la fois dans des races aux cheveux droits ou frisés et dans des races aux cheveux laineux. Il ne caractérise donc pas les races nègres comme on le croit et comme semble le dire l’étymologie du mot nègre (niger). Ce mot ne s’applique qu’aux races à chevelures laineuses; la couleur ne vient qu’au second rang, ainsi que le prouvent les Makololos café au lait de Livingstone, les Cafres rouges de Burchell, et surtout les Boshimans vieux chêne ou cuir jaune grisâtre, dont Barrow prétendait faire des races jaunes.

Ceci entendu, il faut reconnaître que, dans le sein des races noires, se produisent les variations de couleur les plus étendues. En Océanie, elles sont assez restreintes et s’expliquent par les croisements; ainsi le Polynésien cuivré, avec le Néo-Calédonien typique, donne la variété jaune des Néo-Calédoniens de Bourgarel. Mais, en Afrique, ces variations sont infinies, et le noir absolu des Yoloffs et des Felloupes est moins commun que le brun chocolat des Mandingues et des Sarrocolez, qui est tantôt rougeâtre, tantôt jaunâtre. Faut-il croire que l’une de ces tendances est due à des croisements plus ou moins anciens avec le type rouge dont nous avons parlé et l’autre à des croisements analogues avec le type jaune? Toujours est-il que les mêmes divergences d’appréciation de la couleur se rencontrent en Afrique comme dans l’Amérique du Sud ; et que presque partout où un voyageur parle de nègres rougeâtres, un autre se trouve qui en parle comme havanes ou décidément jaunâtres.

C onclusions. — De cet examen je conclus que les deux types blond et noir, considérés dans leur plus haute expression, sont, en somme, les deux seules applications sérieuses â tirer de la couleur; que les divers types jaunes et rouges en particulier ne peuvent que très accessoirement servir à distinguer les races, et que la couleur, d’une manière générale, est un caractère ingrat, surfait et difficile à manier.

En 1878, à l’occasion de l’Exposition, chez un négociant en cheveux, j’alignai sur une table des centaines de chevelures dans lesquelles on ne pouvait établir de différence entre deux voisines. Elles formaient une gamme ininterrompue du blond albinos, du rouge ardent, et du jaune doré au noir d’ébène; et cependant en prenant de distance en distance je pus constituer une série de 10 ou 12 nuances et tons très caractérisés, entre lesquels à son tour le public ne découvrait guère de différence en prenant deux chevelures voisines. Cette gamme pourtant se réduisait à un petit nombre de types que j’ai indiqués dans ma nomenclature précédente et qui, séparés, contrastaient fortement entre eux.

Il en est de même des nuances et des tons de la peau, lorsqu’on les

LA COULEUR

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