‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 32 sur 980 · ARISTOTE · texte numérisé non relu

ARISTOTE

L 'Histoire des animaux contient en outre une foule de remarques, de rapprochements et de vues vraies ou ingénieuses dont l’anthropologie actuelle peut encore faire son profit. Les parties sur l’hérédité, les croisements, les proportions du corps dans l’enfance, la distribution des poils, la fonction de reproduction, quelques passages sur les nègres, le crâne et ses sutures, sont aussi à lire.

Mais ce qui appelle davantage l’attention, c’est la méthode suivie, l’alliance mesurée de l’analyse et de la synthèse. Les grandes divisions zoologiques adoptées depuis, sont indiquées. On y voit l’animalité formant un tout et en même temps se diversifiant à l’infini, et jusqu’au grand principe de Geoffroy Saint-Hilaire, de l’unité de composition, exprimé dans le passage suivant : « On peut comparer les plumes et les écailles, les os et les arêtes, les ongles et la corne, la main de l’homme et la pince de l’écrevisse; c’est ainsi que les parties qui composent les individus sont à la fois les mêmes et différentes (1). »

On s’est demandé si Hippocrate et Aristote avaient disséqué l’homme ; il est généralement admis que non. Certains passages dans lesquels Aristote commet de grosses erreurs donnent àle penser, mais d’autres, tels que celui relatif à la position du cœur, laissent des doutes. Ses quatre livres d q Descriptions anatomiques qui ne nous sont pas parvenus eussent tranché la difficulté. 11 est permis en tout cas d’entrevoir qu’il a senti son insuffisance à cet égard et dut pousser dans cette voie son disciple, son petit-fils, dit-on, Erasistrate, l’un des anatomistes de l’école d’Alexandrie.

L’anatomie humaine, le fondement de l’anthropologie, aurait pris naissance dans l’Inde, à en juger par un livre de médecine, Y Ayurveda, écrit en sanscrit quelque mille ans avant notre ère. Vers la même époque on trouve dans Y Iliade d’Homère des témoignages multiples, relevés par Malgaigne, de connaissances anatomiques assez sérieuses. Mais ce n’est qu’à Alexandrie, dans la brillante école fondée, en 323 avant notre ère, par Ptolémée Soter et Ptolémée Philadelphe, que l’anatomie humaine sortit de ses langes. Erasistrate et Méropiiile y disséquèrent pendant quarante ans le cadavre humain. Le mouvement malheureusement ne se continua pas après eux, et pour voir l’anatomie refleurir il faut franchir quatre siècles, passer de l’empire grec à l’empire romain et arriver à Galien.

Galien vécut de 131 à 200 ans de notre ère. Né à Pergame, en Asie Mineure, il voyagea, se fixa à Rome et fut le médecin de Marc-Aurèle. Son savoir était immense. Il a écrit sur toutes les parties de la médecine, en portant une attention plus spéciale à l’anatomie. Il la recommande comme la base de la médecine, et c’est par elle qu’il appartient à l’histoire de l’anthropologie. Ses principales œuvres dans cette branche sont : un Manuel de dissection; les Administrations anatomiques ; Y Utilité des parties

(I) Aristote, Histoire des animaux , traduct. franç. de Camus, 2 vol. in-4. Paris, 1783. — Jules Geoffroy, L'Anatomie et la physiologie d' Aristote. Paris, 1878. Thèse inaugurale.

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