CHAPITRE XII
qui agissent sur l’encéphale et lui sont propres, ont-ils un retentissement sur la boîte crânienne et par conséquent sur sa forme? Les soudures prématurées des parois du crâne, les compressions exercées à sa surface troublent-elles considérablement l’indice céphalique? Ces désordres sont-ils limités àl’individu et se transmettent-ils aux générations suivantes ?
A côté des déformations brusques sur un individu, se perpétuant ou non sur plusieurs, n’y a-t-il pas des changements de forme insensibles, dont les causes sont difficiles à saisir, mais qui suffisent à métamorphoseï une race? Broca, dans un mémoire qu’il n’avait pas publié et qui na vu le jour qu’après sa mort, a jeté un coup d’œil sur les modifications de la forme de la tête, exprimées par l’indice céphalique, que ces causes insensibles peuvent théoriquement tout au moins amener (1).
Autant de questions qui ne peuvent être traitées qu’après s être rendu
compte des lois générales d’harmonie, c’est-à-dire des réactions réciproques
les unes sur les autres des diverses parties du crâne, et par conséquent des mesures qui les font connaître ; des lois d’accroissement, de la conception à l’âge adulte, de la boîte crânienne et surtout de l’encéphale; et des conséquences qu’entraînent les variations normales et anormales, chez les individus et dans les races, du volume de ces deux organes, le contenant
et le contenu.
Notre but ici est de dire brutalement ce qu’est l’indice céphalique, de montrer la façon de s’en servir et d’enregistrer les chiffres qu’il a donnés suivant les âges, les sexes, les individus et les races.
Comment d’abord se prend-il sur le crâne ?
Méthodes craniomé triques. — La première méthode, la seule qui devrait exister, la plus ancienne, celle qui, presque sans précaution entre les mains des personnes les moins préparées, donne des résultats constants, et à laquelle reviendront forcément tous les craniologistes qui, après s’être débarrassés des premières illusions et avoir suffisamment pratiqué, auront compris les difficultés et les exigences du métier, se résume ainsi.
Les deux diamètres se mesurent maximum sans se préoccuper de la position particulière à donner à la tête, 1 un étant le grand axe de l’ovoïde crânien cérébral légèrement incliné de haut en bas et d’avant en arrière, l’autre son petit axe maximum transverse, les deux préconisés par Morton et Baer, mais plus particulièrement par ce dernier, qui a été plus précis, dans les termes suivants :
« Diamètre longitudinal: de la glabelle à la partie la plus distante de l’occipital, en négligeant cependant la protubérance occipitale externe lorsqu elle est très saillante. Diamètre transverse, maximum n'importe où (ubicumque inveniatur) , en négligeant cependant la crête sus-mastoïdienne (2).
m\ P. Broca, Quelques subdivisions des groupes basés sur L'indice céphalique . crânes hémicéphales , brucliistocéphales , mégistocéphales et sténocéphaies , Revue d anthropo ogie,
(2)’ G. de Baer, Crania selccta, Thésaurus anthropologicus , Saint-Pétersbourg, 1859.