CHAPITRE XII
de travailleurs et qu’on ait songé à la proposer comme méthode générale pour une mesure fondamentale comme l’indice céphalique, qu’il faut prendre sur des séries considérables et qui ne doit pas être réservée aux craniologistes de profession, disposés à faire l’acquisition de l’appareil de Spengel.
Les divers systèmes de compas glissière, à branches mobiles ou pouvant recevoir d’autres branches mobiles sur elles à angle droit, comme l’instrument de M. de Hôlder, à la rigueur celui de M. Virchow et quelques autres comme le mien, celui de Busk, etc., manquent de la condition première pour suivre la méthode. Ce qu’elle a de délicat, cc qui est tout chez elle, c’est l’orientation préalable et rigoureuse du crâne. Or ce
Fig. 41. — Craniomètre de Hülder, destiné aux projections de Ihering. Quelques-unes de I
ses pièces se remplacent suivant les circonstances.
temps de la mensuration n’y est pas prévu, on suppose que le coup d’œil | de l’opérateur suffit. Eh bien, non, il ne suffit pas! Que les Allemands se : désillusionnent à cet égard. Pour pratiquer la méthode géométrique, un t instrument tenu à la main ne vaut rien, cet instrument doit prendre un point d’appui sur la table et être pourvu d’accessoires multiples pour i l’orientation d’abord, pour la mensuration ensuite ; le craniomètre de ) Spengel seul le réalise en Allemagne.
La dernière méthode, celle qui donne les plus grandes différences, a j été introduite en Allemagne, en 1862, parM. Welcker. Elle diffère abso- i Jument des précédentes par son objectif. C’est un autre ovale crânien i qu’elle mesure. Son diamètre antéro-postérieur se rend du métopion ou i
INDICE CÉPHLA1QUE. — METHODE DE WELCKER. 363
point médian intermédiaire aux deux bosses frontales, au centre de la bosse occipitale, à quelques centimètres au-dessus de V inion ou protubérance occipitale externe ; il peut par hasard être le diamètre maximum du crâne partant des bosses frontales, mais il ne l’est pas constamment. Son diamètre transverse, d’autre part, est la distance comprise entre les deux intersections de la circonférence horizontale du crâne (en réalité très oblique), passant par le métopion et les bosses frontales en avant, labosse occipitale en arrière ; avec la circonférence transverse du . crâne passant par le sommet du crâne et les deux trous auditifs. Tandis que le premier de ces diamètres est tantôt plus long, tantôt plus court, suivant que les bosses frontales sont effacées ou saillantes par rapport à la glabelle sans qu’on puisse établir de règle à cet égard, le diamètre transverse ne peut qu’être plus court. Les deux facteurs du rapport variant tous deux, tantôt dans le même sens, tantôt contradictoirement sans qu’il y ait de relation entre ces variations et ceux des éléments de l’indice céphalique ordinaire, les indices qui en résultent ne peuvent en aucune façon être rapprochés de ceux obtenus par les autres méthodes.
Dans la première édition de mon Anthropologie , j’ai dit que les indices de Welcker devaient être, en moyenne, diminués de deux unités; M. Peschel l’a répété comme une chose généralement acceptée. Dans ma seconde édition j’ai effacé cette proposition après avoir constaté que les écarts sont parfois plus grands, n’obéissent à aucune règle et peuvent même être en moins (l). A Moscou, en 1879, et dans la Revue d’anthropologie , en 1880, j’ai examiné encore cette question (2). Il n’y a pas de doute, l’indice de M. Welcker exprime un caractère et l’indice céphalique en exprime un autre. Il faut donc y renoncer en tant qu’indicé céphalique; la nécessité de se rallier à un système unique pour les mesures fondamentales en craniométrie l’exige. Du reste, les moyennes de races diverses publiées par M. Welcker et souvent citées en Allemagne jusque
(1) P. Topinard, Anthropologie , 2e, 3e et 4e édit. p. 243. Différences en + et en — dans les indices de Welcker, par rapport aux indices par la méthode classique.
25 Auvergnats. 2o Nègres.
Variations individuelles. +1.22 à — 5.39 +1.39 à — G. 39
Moyennes . — 1-38 +0.93
(2) P. Topinard, Revue danthrop ., 1880, p. 54 7, à propos des crânes chinois du musée de Leyde.
Dans la série des 51 Chinois purs dont il est question dans cet article, la moyenne par la méthode de Welcker, est inférieure de 1,6 à la moyenne par la méthode ordinaire, dans la série des 16 Chinois métis, elle est inférieure de 4,8. Sur les 67 cas, 1 fois les deux indices sont sensiblement les mêmes, 7 fois ils ne diffèrent que par la décimale, 10 fois celui de Welcker est plus fort de 1 à 5 et même 6 unités, 49 fois il est plus faible de 1 à 5 et même 7 unités. Ces mesures comparatives ont été prises, sur ma demande, par M. de Koning, à Leyde.
Une erreur de typographie, qu’on reconnaît de suite, s’est glissée dans le tableau de la Revue; je suis heureux d’avoir l’occasion de la rectifier. Page 548, les mots « méthode Welcker » et « méthode ordinaire » sont intervertis.