‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 330 sur 980 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Grecs d'Europe.

Dolicho.

Mésati.

Braclir.

Weisbach .

Broca .

Kollmann .

Virchow .

G. Retzius1. . . .

Il en résulte que suivant la division acceptée, le nombre des dolicho que donnent les Grecs varie de 11 à 40 sur 95 sujets, celui des mésati de 14 à 29, et celui des brachy de 41 à 54. On se demande comment la craniométrie peut résister à de pareilles secousses.

Un dernier exemple: M. Bogdanow conclut en 1867, que les 124 crânes des tumuli des environs de Moscou antérieurs à la population brachycéphale actuelle renferment 56,4 pour cent de dolichocéphales, c’est-à-dire la moitié. Au jourd’hui avec la division Broca qu’il a adoptée, c’est 82 pour cent, c’est-à-dire les quaire cinquièmes, qu’il doit dire.

Que faire au milieu de ces dissidences? quel système adopter? Si nous nous en tenions à la division et à la nomenclature qui réunissent la plus grosse clientèle ; si nous ne consultions que nos habitudes et ce que nous avons reproduit dans notre manuel d’anthropologie il y a huit ans, si nous ne nous inspirions que du culte que nous vouons à la mémoire de notre illustre et vénéré maître, c’est à la division de Broca que nous donnerions la préférence. Mais dans ce manuel nous nous étions imposé pour règle de conduite d'exposer les idées du maître et d’effacer notre personnalité; aujourd’hui, le devoir nous oblige au contraire à ne rien professer qui ne soit notre conviction intime, reposant sur la critique des faits et des systèmes publiés et sur notre expérience personnelle. Quel est le : but d’une classification? nous disons-nous, c’est d’aider à l’étude, soit en dégageant les groupes naturels qui s’imposent, soit en créant des i groupes artificiels, mais logiques au. point de vue pratique. Or aucun j groupe naturel ne s’impose; les limites de telle et telle forme de tête sont dans notre esprit, rien n’y répond rigoureusement dans la nature. . Lorsque Broca conçut sa division des indices, il songeait notamment aux : nègres qui passaient pour être tous dolichocéphales et qu’il était ulile par 1 conséquent de laisser tous réunis dans un même groupe, puis peut être t aux brachycéphales qu’on croyait plus particuliers aux races jaunes. Il 1 semble avoir cédé à cette idée, de même que dans le prognathisme i

on s’efforcerait de créer une division laissant tous les nègres dans un même groupe, ou dans l’angle facial d’après les anciennes idées on chercherait un degré d’angle englobant tous les nègres, et un autre englobant tous les blancs. Rien de pareil n’existe de fait et n’est possible, avec les indices céphaliques. Quelle que soit la division à laquelle on se rallie, elle contiendra toujours des races dissemblables par l’ensemble de leurs traits; les sujets d’une même race ne se renfermeraient pas dans ce

INDICE CEPHALIQUE.

groupe, ils déborderaient sur les voisins, quoi que nous fassions. Il se pourrait même que la moyenne typique soit toute virtuelle, et la résultante des deux moyennes réelles placées dans des groupes d’autre part. Lorsqu’on crée une division, il est une impulsion à laquelle on cède souvent, celle de rapporter à soi, ou mieux à la race à laquelle on appartient toutes les autres, de manière à occuper soi-même Taxe de la division; c est le mobile qui a fait admettre les orthocéphales pour le groupe central dans lequel Welcker plaçait les populations allemandes. Ou bien on crée la classification pour le sujet spécial dont on s’occupe.

11 y a cependant un point de départ qui s’impose dans toute distribution numérique, c’est le milieu exact entre les extrêmes observés, ou à observer, le point neutre au-dessus ou au-dessous duquel on rencontre la même quantité d’indices particuliers ou de moyennes, ce que j’ai appelé la mé diane. Si cette médiane tombe dans un point commode pour les divisions ultéîieuies, c est pour le mieux; sinon, je pense qu’il faut se résigner à des sacrifices pour l’y maintenir. Ne faut-il pas du reste que les types de formes que l’on va ainsi sanctionner correspondent aux impressions que donne la vue? Tous les jours, dans les laboratoires, nous prenons un crâne a la façon de Blumenbach et nous estimons sa forme par rapport aux formes extrêmes que nous connaissons. La dénomination de moyenne ou de mésaticéphale doit donc se trouver exactement entre ces deux extrêmes. En un mot l’ovale moyen perçu par les yeux doit répondre à l’indice moyen obtenu par le compas.

Rien de plus simple alors ; il n’y a qu’à découper par quantités égales la succession des valeurs au-dessus et au-dessous, de façon que les sections ainsi produites soient symétriques autour du point central et égalés entie elles. 11 n y a que les dernières sections, aux deux extrémités, dans lesquelles ne tombent plus de moyennes, mais seulement des cas rares, extraordinaires, auxquelles on peut laisser plus d’amplitude.

Cette égalité des sections est indispensable si l’on ne veut pas s’exposer a des illusions, et a fausseï ses déductions. Soit encore la division de M. Weisbach, dans son mémoire sur les Grecs. Dans sa Indivision à 82 et au-dessous, il trouve 41 brachycéphales; dans la 2e, de 80 à 81,9, il y en a 14 qu’il qualifie de mésaticéphales, et dans la 3e, au-dessous de 80, 40 qu’il appelle des dolichocéphales. Est-ce exact ? Non, la proportion est faussée, car, dans sa division supérieure, pour aller à 90 il y a 8 degrés, dans l’inférieure pour aller à 65 il y en a 15 et dans la moyenne il n y en a que 2. Les mesBticephales sont moins nombreux parce que les indices individuels ont huit fois moins de chance de rencontrer une case. Avec ce système M. Weisbach doit trouver qu’il n’y a pas de races mésaticéphales.

Les divisions de mon illustre maître repondent-elles aux conditions que nous croyons indispensables ? Ses sections, en prenant toujours 90 et 65 Topinard. — Anthropologie. 24

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