GALIEN
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ressemble le plus à l’homme. » « On n’apprend pas l’anatomie en inspectant les parties qui se présentent au hasard sur les blessés, il faut avant tout disséquer des animaux. )> « Le singe a, parmi tous les animaux, la plus grande ressemblance avec l’homme quant à ses viscères, ses muscles, ses artères, ses nerfs et ses os... Celui qui veut s’exercer dans la dissection des muscles commence par écorcher un singe suffoqué dans l’eau; j’avais d’abord fait écorcher mes singes par mes serviteurs, mais plus tard j’ai préféré les suffoquer et les écorcher moi-même. »
Il reste à savoir si, par exception et secrètement, Galien n’a pas vérifié une fois ou deux sur l’homme ce qu’il avait constaté publiquement sur le singe. Disséquer un cadavre humain à cette époque était une profanation. Il y avait les suppliciés exposés à la porte Esquiline et les ennemis tués sur le champ de bataille. Chercha-t-il à en tirer parti? « Si je vis,
dit-il une fois, je décrirai quelque jour la structure du corps des bêtes et je ferai l’anatomie exacte de toutes leurs parties comme je fais maintenant l’anatomie de toutes les parties de l’homme (1). » Mais ce pouvait être une licence de langage qu’autorisait sa conviction de l’identité anatomique de l’homme et du singe; et par son mot de bêtes il pouvait entendre les quadrupèdes, à la façon d’Aristote, les animaux autres que les singes et l’homme.
Pour le squelette, les renseignements sont précis. Il raconte comme une bonne fortune l’occasion qu’il a eue « d’examiner à loisir une première fois des os humains, qu’une rivière débordée avait jetés dans un endroit marécageux après avoir démoli un tombeau récemment construit » ; et, une seconde fois, « ceux d’un voleur tué par un voyageur que
(2) Galien, De l’usage des parties, lib. IV, cap. iv.