CHAPITRE PREMIER
personne n’avait voulu enterrer parce qu’on était aise qu’il servît de pâture aux vautours ». Il va jusqu’à recommander à ceux qui veulent étudier l’ostéologie humaine d’aller à Alexandrie voir un ou deux squelettes qui s’y trouvaient.
Mais voici qui juge la question. Entre l’homme et le singe les différences anatomiques sont faibles, mais suffisantes pour qu’on reconnaisse celui qui a donné lieu à la description. Les exemples suivants en sont une preuve :
Le cœur de l’homme est obliquement dirigé en bas et à gauche et adhère, par son enveloppe, au diaphragme sur lequel il s’appuie. Le cœur des quadrupèdes est relativement vertical, presque sur la ligne médiane, et repose sur le sternum. La plus grande partie est en arrière des côtes gauches chez l’homme et en arrière du sternum chez les quadrupèdes. Les singes se partagent en deux groupes sous ce rapport : les grands singes ou anthropoïdes se rapprochent du premier type; les singes ordinaires ou proprement dits rentrent dans le type des quadrupèdes. Or Galien a décrit le cœur de l’homme tel qu’il est chez les quadrupèdes.
Le sternum n’a que 3 pièces chez l’homme, il en a 6 ou 7 chez les singes ; Galien l’a décrit avec 6 pièces.
L’utérus, d’autre part, simple et à une seule cavité chez l’homme, est partiellement cloisonné et bicorne chez les quadrupèdes. Galien l’a décrit comme étant bicorne. Les dispositions des muscles, celle du peaucier, des fléchisseurs des doigts fournissent des arguments analogues.
L’enseignement à tirer 'de ce débat, c’est que la ressemblance de l’homme et du singe était une idée fortement accentuée à Rome et à Athènes, dans l’esprit de tous, avant que l’intervention du christianisme soit venue déclarer la chose monstrueuse; qu’elle ne heurtait personne et que la dissection du singe suppléait à celle de l’homme. La ressemblance interne est, en effet, considérable lorsqu’on se contente de l’aspect général des organes. Pour découvrir les différences de détail il faut les développements que l’analyse anatomique a pris depuis Galien, il faut l’intention de déterminer ces différences et un examen méthodique une à une de toutes les parties, ainsi que Broca le faisait à son cours d’anthropologie zoologique.
Un curieux objet d’art découvert à Rome, il y a une centaine d’années, dans une villa ayant appartenu à Musa, le médecin d’Auguste, montre ce qu’était alors l’enseignement courant. Il s’agit d’un marbre, actuellement au Vatican, qui représente le torse ouvert d'un homme : extérieurement, c’est le tronc et les formes de l’homme ; intérieurement, ce sont les viscères du singe.
En dehors de ceux qui précèdent, l’antiquité ne présente plus aucun nom auquel nous devions nous arrêter. Après Aristote, l’histoire naturelle qui venait du premier coup de jeter un si vif éclat, s’obscurcit ; vers le premier siècle de notre ère elle jette une dernière lueur avec Pline et tout