‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 36 sur 980 · GALIEN · texte numérisé non relu

GALIEN

HISTORIQUE

est dit : Pline, compilateur intéressant, mais de peu de discernement, qu’Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire juge un peu sévèrement.

En revanche, l’histoire et la géographie nées avec Hérodote fournissent une brillante carrière. Pour ne citer que les noms les plus intéressants à notre point de vue, ce furent Thucydide, Xénophon, César l’historien de nos origines nationales, qui distingue trois races en Gaule, Pomponius Mêla, Strabon, Ptolémée, Diodore de Sicile précieux pour les Celtes, Tacite l’historien des Germains, Tite-Live, Polybe, Ammien Marcellin, Jornandès l’historien des Gaules, Procope l’historien des Vandales, et vingt autres dont M. Lagneau a mis en relief les renseignements dans ses savantes recherches sur les origines des races de l’Europe occidentale.

Au point où nous en sommes, le monde occidental profondément troublé laissait place à l’histoire et retirait aux médecins et naturalistes le recueillement nécessaire à leurs travaux. Du bout de l’Orient un flot de peuples et de races jusque-là inconnus se précipitaient; les anciens empires se disloquaient, de nouveaux se reformaient. De ce cataclysme sortirent les nationalités modernes (1).

Conclusion. — En résumé, dans l’antiquité, l’histoire naturelle de l’homme n’existait pas en tant que science spéciale détachée de l’histoire générale des animaux, mais les éléments en étaient épars dans les écrits des médecins, des naturalistes et des philosophes. Les principes qui en sont la base étaient affirmés, ses méthodes d’étude étaient fondées, quelques-unes de ses questions fondamentales étaient posées. L’homme était accepté franchement à titre d’animal analogue au singe, s’en distinguant parle cerveau, l’intelligence, le langage, la station verticale; la notion de race elle-même était née : « des collections d’hommes semblables entre eux par le fait de l’action des milieux ; » enfin l’origine de l’homme ou mieux des hommes, comme on le verra plus tard, était agitée. Les événements n’eussent pas interrompu le cours de la civilisation, dans le bassin de la Méditerranée, que l’anthropologie, c’est-à-dire la science de l’homme sans autre but que de le bien connaître, eût bientôt pris naissance.

Les savants de cette époque avaient une qualité : ils abandonnaient les spéculations aux philosophes et cherchaient dans l’observation même de la nature les éléments de leurs connaissances. La décadence, après Galien, vint de l’abandon de cette méthode que l’érudition et l’ergotage sur les textes remplacèrent. Vainement quelques médecins grecs, tels qu’Oribase, Aétius, Alexandre de Tralle, Paul d’Egine, s’efforcèrent d’arrêter le courant ; la tradition scientifique disparut de l'Occident et dut se réfugier chez les Arabes, à Bagdad, à Samarcande, à Bassora. Le champ resta aux controverses religieuses.

(1) Lauth, Histoire de V anatomie , t. I, Strasbourg, 1815. — Kurt Spengel, Essai d’une histoire pragmatique de la médecine , trad. l'ranç. de Geiger. Paris, 1809. — Peyrilhe, Histoire de ta chirurgie. Paris, 2 vol., 1780.

Topinard. — Anthropologie. 2

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