CHAPITRE XII
Il explique la cause de la légère différence entre la première moyenne et les deux autres. Les Juifs de Dybowsbi sont de Minsk, tandis que ceux de Kopernicki sont de Galicie, et ceux de Blecbmann, de Lithuanie; ils renferment 3 fois plus de dolichocéphales et au delà de 2 fois plus de mésaticéphales.Il reste à savoir quel est le véritable élément juif, des dolichocéphales ou des brachycéphales. Sans vouloir aborder la question je répondrai que ce sontles dolichocéphales etque les brachycéphales représentent ici la race locale mélangée ou croisée avec eux.
Les objections, dans l’état de la science, à la méthode des groupements sont, ainsi qu’il a été dit, le défaut d’unité des divisions adoptées et l’inégalité de ces divisions. Là où un anthropologiste trouve 10 p. 100 de mésaticéphales par exemple, un autre conclura pour 30 et un autre peut-être pour 40. C’est ce que met en évidence le tableau ci-après qui concerne notre belle série de Chinois, et montre ce que seraient les opinions d’auteurs à nomenclatures différentes. Nous regrettons de ne pas y ajouter le nom de Broca; ses divisions ne tombant pas à l’unité ne se prêtent pas à la comparaison.
Cette fois ce sont les nombres bruts:
Chinois. — Nombre de cas suivant :
Welcker.
Thurnam.
W'eisbach.
Flower.
Dolichocéphales ....
Mésaticéphales .
Brachycéphales .
Total .
Il en résulte que le peuple chinois, à en juger par ces 112 cas, est formé aux trois quarts de dolichocéphales pour Weisbach, essentiellement de mésaticéphales pour Welcker et Flower, et essentiellement de brachycéphales pour Thurnam.
Gomment parer à ce désordre ? De deux façons. D’abord en se conformant au même langage et acceptant les mêmes divisions. Ensuite en ayant des catégories de valeurs égales, n’en avantageant aucune, partant non d’une division moyenne dictée par les vues particulières d’un opérateur dans un pays donné, mais de la moyenne même de l’humanité et établissant de chaque côté d’elle des divisions symétriques et égales comme nous les avons proposées. Nous nous sommes ralliés à la nomenclature qui, entre toutes celles qui se disputent la préférence, s’accorde le mieux avec cette indication, celle de MM. Flower, Virchow et de Ranke, dans laquelle les mésaticéphales vont de 75 inclusivement à 79,9 inclusivement et dont ! les divisions brachycéphale et dolichocéphale sont partagées par groupes de 5 unités. C’est tout simplement une sériation dans laquelle le module est constant et de 5 unités.
En voici des exemples : Trois des séries portent à la fois sur des nom-
INDICE CÉPHALIQUE. — GROUPEMENTS. 395
bres réels et sur des nombres proportionnels pour 100; il n’y a, en effet, qu’à déplacer la virgule pour transformer une proportion pour 1,000 en proportion pour 100, ce quenous avons faitpour les deuxpremières séries. La série des 500 nègres seule a été réellement transformée par le calcul; elle se compose de cas empruntés à la fois à MM. Flower, Broca et Davis, et à nous-même. C’est toujours avec regret que je réunis des mensurations obtenues par des opérateurs différents, lorsque entre eux il y a le moindre soupçon d’une divergence quelconque, mais il faut s’y résigner parfois. L’avenir de la crâniométrie est dans l’association de tous pour obtenir le nombre, et par conséquent dans l’unification des mesures fondamentales.
Méthode des
groupements. ( Nombres
proportionnels pour 100.)
500 Nègres
Parisiens.
Bavarois.
d’Afrique.
Esquimaux.
Ultradolichocéphales .
Au-dessous de 64 inclus
Dolicho .
De 65 à 69 inclus .
Sous-dolicho .
Mésati .
Sous-brachy .
Bracliy .
Ultrabrachycéphales .
Au-dessus de 90 inclus.
Dans ces conditions les groupes sont rigoureusement comparables et n’engendrent aucune illusion. Il en résulte dans la première série, celle des Parisiens, que les deux groupes moyens comprenant chacun 5 unités renferment les trois quarts du nombre total des cas, tandis que les quatre autres groupes, chacun de 5 unités aussi, n’en renferment qu’un quart ; et que dans ces deux groupes l’un plus nombreux, le mésaticéphale, montre quelle est la prédominance véritable chez les Parisiens. La conclusion est qu’ils sont essentiellement mésaticéphales, mais avec tendance vers la brachycéphalie, ce qui concorde avec tout ce que nous savons du mélange des deux éléments principaux des trois quarts nord de la France, le Kymri et le Celte, et de l’influence qu’a dû y laisser leur lutte historique dans cette région. Accessoirement cette sériation, car c’en est bien une, montre que sur 100 individus on avait chance, au Paris du dernier siècle, de trouver 2 dolichocéphales vrais et un peu plus de 1 brachycéphale ultra.
Le rapprochement avec les autres séries, dans des conditions semblables, met bien aussi en relief leurs différences : les Bavarois franchement sousbrachycéphales, les Nègres sous-dolichocéphales avec tendance àla mésaticéphalie, les Esquimaux sous-dolichocéphales mais avec tendance au contraire àla dolichocéphalie.
On objectera que si l’on n’appelle pas dolichocéphales purs ces deux groupes, le mot devient inutile. Non, puisqu’il y a les Fidjiens, les Néo-Calédoniens typiques et quelques groupes nègres d’Afrique, qui ont un indice