INDICE CÉPHALIQUE. — RÉPARTITION
crâne de mendiant de Peking, qui est au Muséum et dont l’indice est de 70, et un grand nombre de types esquimoïdes qu’on retrouve çà et là au sud de la Sibérie, et jusque dans la province de Kouldja (Turkestan chinois).
Dans la Micronésie, dans la Malaisie on retrouve enfin aussi, au-dessous des populations actuelles, de nombreux dolichocéphales. L’objection dans cette dernière partie du globe c’est la race négrito, qui est brachycéphale vers 82; mais rien ne prouve qu’elle soit une race primitive. M. Flower trouve dans ses caractères craniométriques quelque chose de l’enfant, comme si elle était un produit régressif ou dégénéré. J’admettrais plus volontiers qu’elle est due au croisement d’une race cette fois primitive, autant du moins qu’il nous est possible de nous servir de ce mot, dolichocéphale, dont je vois le type dans le groupe de l’île des Ingénieurs au sud-est de la Nouvelle-Guinée, ou mieux dans les crânes que M. Cauvin y a recueillis, venant peut-être de l’intérieur de la Nouvelle-Guinée; au croisement de cette race, dis-je avec l’une des races brachycéphales qu’on retrouve aujourd’hui dans cette partie du monde, peut-être avec les Malais.
En Amérique c’est par l’analyse qu’on remonte de même à une race dolichocéphale antérieure à la brachycéphale prédominante. J’ai signalé l’un des premiers il y a huit ans, la ressemblance de certains crânes dolichocéphales des paraderos de la Patagonie avec le type esquimau. M.Moréno, dans son album de photographie des crânes de l’Amérique du Sud-Austral, qui a figuré à l’Exposition de 1878 de Paris et dont il a fait don à notre Laboratoire, représente d’autres types dolichocéphales; il y en a même de néanderthaloïdes très accusés. Dans des cavernes anciennes du Pérou, des dolichocéphales d’un type différent de celui des habitants de l’époque précolombienne ont aussi été découverts. Dans l’Amérique du Nord, sans parler du type de l’Esquimau qui est entré pour une part notable dans la composition du peau-rouge et qu’on retrouve isolé dans des crânes anciens jusque vers le Niagara (Hamy), les dolichocéphales se multiplient aussi. Il se pourrait que la Californie en ait été le centre à un moment donné.
Quant à l’Afrique, le doute n’est pas permis. Les anciens Lebou congénères des Sardes, comme nous l’avons dit, et des Basques, étaient sousmésaticéphales pour le moins. Dans la région nègre les dolichocéphales sont tellement en majorité, et les brachycéphales vrais si problématiques encore, que l’antériorité des premiers n’est pas à discuter. Mais, chose inattendue, les Boshimans qui jadis occupèrent une partie plus étendue de l’Afrique, remontant jusqu’au 33° de latitude sud (Cran, ethn.), et qu’on considère avec quelque raison comme la race physiquement la plus inférieure de l’humanité, sont moins dolichocéphales que les Yoloffs par exemple. Les nègres du Fernand Vaz, à la suite des Haoussas et des Mandingues le sont moins encore.