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CHAPITRE PREMIER

Seconde période. Btenaissance. — L’Église chrétienne avait des moines cle toutes sortes : les uns si ignorants, que Charlemagne rendit une ordonnance qui les obligeait à savoir lire et écrire pour se présenter à la prêtrise; d’autres se livrant à l’enseignement dans un but de propagande; les autres animés d’une sainte ardeur pour les lettres et les sciences. C’est aux derniers que sont dus la conservation et le retour en Occident des œuvres de l’antiquité ; on les voit dès le sixième siècle se livrer un peu partout à la pratique médicale.

Dans cette voie, plusieurs ordres devinrent célèbres, tels que les bénédictins. Les couvents d’Italie, du Mont-Cassin et de Salerne acquirent ainsi une grande renommée. On s’y faisait soigner au retour des croisades ; c’était une source de profits, où les prières et les reliques jouaient le principal rôle : à Salerne, les os de saint Mathieu. Peu à peu les ouvrages de médecine latins et grecs se répandant et des protecteurs puissants venant à point, de véritables écoles de médecine se formèrent. Deux hommes surtoutjouèrent un rôle considérable dans cette transformation : Roger, roi de Sicile, et Frédéric II, empereur d’Allemagne, ce dernier, un naturaliste distingué, auteur d’un traité sur les Oiseaux, dans lequel il soutient que la zoologie doit reposer sur la zootomie.

Ce naturaliste-souverain rendit en 1230 une ordonnance prescrivantque «nul ne peut exercer la médecine s’il n’a fait des études pendant 7 ans, savoir : 2 ans de logique et 5 ans de médecine dont 1 an au moins de dis-

section sur le corps humain, et obtenu un brevet de capacité à l’Ecole de Salerne ». Un pape, en 299, avait déclaré péché mortel l’ouverture du corps humain ; Frédéric fut excommunié par deux fois, mais sans en être touché.

Telle fut la façon dont l’anatomie humaine reparut au moyen âge et

le motif qui nous a fait choisir cette année 1230 pour limite entre la pre-

mière et la seconde période de l’historique de l’anthropologie.

L’ordonnance de Frédéric II ne semble pas avoir donné des résultats immédiats, et ce n’est qu’en 1306 et 1315, un siècle après, qu’on en vit les effets. Un médecin italien, ilundiaius, fit publiquement, à Florence, l’autopsie de deux femmes (1). A partir de ce moment, l’usage de la dissection se répandit rapidement. Née en Italie, elle fut autorisée à Montpellier en 1376 et était depuis longtemps en pratique à Paris en 1478. Moins d’un siècle après, Columbo se vantait d’avoir disséqué en une seule année jusqu’à quatorze cadavres.

Mundinus mit à profit ses dissections ; il publia un petit livre intitulé : Anatomia Mundini a capite usque ad pedes , qui ne tarda pas à remplacer dans les écoles le volumineux traité de Galien. Les viscères y sont décrits avec soin, mais les vaisseaux, muscles et os sont négligés, et il n’est pas question des nerfs. Le fait suivant, qui fera sourire les étudiants d’aujour-

(1) Chereau, Histoire de l'anatomie, in Encycl. sciences médicales, 1366, liv. I, t. IV,

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