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CHAPITRE PREMIER

exception, d’un laïque, Théodore Gaze, et se produisit plus tard, en 1430.

Ce qui s’était passé en médecine se répéta en zoologie ; on négligea l’observation directe pour la méditation et l’explication des textes d’Aristote comme de ceux de Galien. Il était difficile, du reste, de séparer les sciences naturelles des sciences médicales. Toutes les études gravitent autour de celles-ci : la zoologie, la botanique, la minéralogie. « L’histoire naturelle, dit Isidore Saint-Hilaire, n’était qu’une annexe de la médecine. » Le naturaliste commençait par être médecin, s’il ne pratiquait même l’art de guérir. Ainsi Watton d’Oxford, qui écrivit le premier traité systématique sur les différences entre les animaux, exerçait à Londres ; Conrad Gesner (1), surnommé le Pline d’Allemagne, auteur d’une Histoire des animaux et d’une Histoire des végétaux , mourut à Zurich en 1363, victime de la peste contractée dans l’exercice de ses fonctions ; son Histoire des animaux était une vaste compilation, comme la plupart des ouvrages de ce temps, dans laquelle chaque animal est décrit par ordre alphabétique sans trace de nomenclature ni de notion d’espèce. De même Aldrovande (1522 à 1605) et Jonston (1603 à 1675), auteurs d’autres traités de zoologie, étaient médecins praticiens. Rondelet et Belon, les fondateurs de la partie de l’histoire naturelle qui concerne les poissons et s’appelle l’ichthyologie, comme celle qui regarde l’homme s’appelle l’anthropologie, étaient deux médecins du cardinal de Tournon (2). Césalpin, zoologiste et botaniste, le précurseur de Linné dans la voie de la classification, auteur notamment d’un livre sur les plantes, occupait une chaire médicale à Pise et était le médecin particulier du pape Clément (3).

Les discussions galéniques eurent pour effet de lier plus étroitement l’anatomie humaine et l’anatomie comparée. On disséqua le singe, le chien et peu à peu tous les animaux pour savoir les différences qu’ils présentent avec l’homme. Coiter disait : « Les notions zoologiques sont les résultats plus ou moins accessoires des recherches comparées entreprises pour élucider l’anatomie de l’homme (4). » Marc-Aurèle Severinus de même : « Il faut commencer en anatomie par disséquer les mammifères, passer ensuite à l’homme, puis étudier indistinctement tous les animaux (5). » La doctrine des correspondances d’organes d’un animal à l’autre ou homologies devaient s’en dégager. En 1551 Pierre Belon le pre- %mier entrait dans cette voie en plaçant en regard, à la première page de son livre sur les oiseaux, les squelettes d’un homme etd’un oiseau avec les parties analogues indiquées par un même nom, «afin, avait-il soin de dire, défaire apparoistre combien est grande l’affinité des uns et des autres ».

(1) Conrad Gesner, Historia animal., 3 vol. Zurich, 1351-1587.

(2) Guillaume Rondelet, Histoire des animaux aquatiques. Lyon, 1554. — Pierre Belon, Histoire de la nature des oiseaux. Paris, in-folio, 1555.

(3) André Césalpin, De Ptantis , lib. XVI. Florence, 1583.

(4) Volcher Coiter, Externarum et internarum principalium humani corporis partiurn tabulæ , etc. Nuremberg, 1573.

(5) M-A. Severinus, Zootomia Democritæa , etc. Nuremberg, 1G45.

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