‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 41 sur 980 · HISTORIQUE. — ED. TYSON · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. — ED. TYSON

Ap rès lui Yolcher Coiter, mettant à exécution une partie des plans conçus par son maître Fallope de tracer le parallèle complet de l’homme et du singe, décrit leur ostéologie comparée. Coiter a plus à inscrire à son dossier : le premier il étudia le développement de l’embryon sur iepoulet, celui du squelette chez le fœtus humain et l’enfant comparés avec l’adulte en insistant sur les sutures du crâne, leur évolution et leur soudure. Presque en même temps, Ambroise Paré compare les squelettes d’un homme, d’un mammifère et d’un oiseau. Enfin Riolan jeune, dans son Ostéographie de l’homme, représente le squelette d’un singe ordinaire.

La zoologie ne tarda pas à connaître les singes anthropoïdes : en 1631 Bontius, mort à Batavia, signale l’orang de Bornéo ; en 1640 Tulp apporte en Hollande un jeune chimpanzé d’Angola et en fait la description (1).

La physiologie générale était également subordonnée à la médecine. Entrevue par Fabrice d’Aquapendente (1565-1619), elle naît avec Césalpin découvrant la circulation cardio-pulmonaire et s’affirme avec Harvey démontrant la grande circulation devant Charles IL

A la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième, les progrès se multiplient. Le microscope entre en lice avec Lewenhoeck, Malpighi et Swammerdan; l’art des injections atteint son apogée du premier coup avec Ruysh. Chaque jour, de nouveaux horizons s’ouvrent, les médecins et naturalistes marchent vers la séparation, la division du travail s’accentue, trois corps savants appelés à de hautes destinées se constituent: la Société royale de Londres en 1662, l’Académie des sciences de Paris, en 1666, et l’Académie impériale Léopoldine-Carolinienne, peu après, en Allemagne.

En même temps, comme pour marquer tout à fait que les sciences naturelles entrent dans une ère nouvelle, la notion d’espèce fait son apparition en Angleterre avec John Ray.

Le dix-septième siècle finit et le dix-huitième commence par deux mémoires du ressort direct de l’anthropologie zoologique, qui montrent le chemin parcouru. L’un en 1699 est d’Edouard Tyson, et porte le titre suivant : « L Orang-outang ou Homo sylvest?Hs ou anatomie d’un pigmée, comparée à celle d’un singe, d’un anthropoïde et de l’homme » (2). L’émotion qu’il causa à Londres et dans toute l’Europe fut vive. Nous aimerions à en donner un aperçu, mais le parallèle est longv minutieux, et du reste reproduit dans ses parties principales, dans Y Histoire naturelle de Bufîon, que tout le monde a entre les mains. L’autre, en 1707, du chirurgien Garengeot, concerne l’anatomie comparée des systèmes musculaires du chien et de l’homme.

(1) Th. -H. Huxley, De la place cle l'homme dans la nature, trad. franç. par M. Daily. Paris, 1868.

(2) Edw. Tyson, Orang outang sive Homo sylvestris, or the Anatomy of a pygmee compared witli tliat of a monkey, an ape and. man... wherein it will appear that they are ail either apes or monkeys and not men as formerly pretended. In-4, London, 16911.

Page 1