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TAILLE. — CONCLUSIONS SUR LES MILIEUX

porte plus ou moins loin, ce sont les milieux, le régime, les circonstances qui agissent sur le rythme et son intensité à un moment donné; l’autre qui maintient la ressemblance aux ancêtres, c’est l’hérédité : lutte de l’extérieur contre l’intérieur. Dans tout caractère on les retrouve en présence, l’hérédité ayant la suprématie. La taille ne fait pas exception.

Je ne dirai donc pas, avec Villermé, que la taille dépend du bien-être ou de la misère ; avec les Drs Bertrand, Peney, Mouillé et Lequès, de la richesse ou de la pauvreté du sol; avec M. Durand de Gros, de la nature « plutonique » ou calcaire de ce sol; avec d’Orbigny, qu’elle n’est liée ni à l’alimentation, ni à la latitude, ni au genre de la contrée, sec, aride, découvert ou l’inverse, mais à l’altitude (1); avec MM. Pagliani et Roberts, que le rythme de la croissance, dans l’adolescence, donne la mesure de la taille dans l’âge mûr; avec Bowditch, que le genre de vie a autant d’influence que la race.

Je ne dirai pas non plus, strictement, avecBroca, à propos des Français : « La taille, considérée d'une maniéré générale , ne dépend ni de l’altitude, ni de la latitude, ni de la pauvreté, ni de la richesse, ni de l’alimentation, ni d’aucune des conditions qui ont été invoquées. Après toutes ces éliminations successives, j’ai été appelé à ne constater qu’une seule influence générale, celle de l’hérédité ethnique. »

Je conclurai en ces termes : La taille que l’homme possède à l’âge adulte reproduit celle de sa race, avec les variations individuelles qu’elle comporte, dues principalement aux influences de régime, de milieux et de santé, qui ont agi sur elle pendant les diverses phases de son déve loppement. 11 est possible, sinon probable, que ce caractère des races se modifie dans le temps, l’anatomie et la physiologie nous familiarisent avec cette idée. Mais, dans l’horizon de notre observation, aucun fait absolument établi ne démontre qu’il en soit ainsi. L’exhaussement de la taille de la race américaine, s’il résiste à la critique, en serait le seul exemple : issue du croisement de races multiples, cette race se trouve dans les conditions d’affolement des caractères qui favorisent leur transformation.

Constatons, en finissant, combien les problèmes biologiques sont difficiles à résoudre. Aucun caractère, en anthropologie, n’a donné lieu à autant de recherches laborieuses ; on a procédé sur des séries de 10, de 100, de 1,000 cas ; on a dépassé le million, on a serré le sujet de près, établi des subdivisions, et cependant, les nombres sont souvent encore insuffisants. C’est qu’on ne sait pas toujours se placer dans des conditions rigoureusement comparables, etque la diversité individuelle, dans les

(1) Cette opinion de d’Orbigny a été particulièrement réfutée par M. Dunant, à l’aide de 11,505 conscrits du canton de Fribourg, provenant de localités variant de 435 à 1,6'20 mètres d’altitude. Il conclut que la race seule explique les divergences d’un canton à l’autre (Dunant, Taille moyenne des habitants du canton de Genève , brocli. Genève, 1867. — Id. pour le canton de Fribourg , Bull. Soc. anthrop., 1869).

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