‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 410 sur 980 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

races humaines, atteint des proportions énormes queles grandes moyennes seules ont la propriété d’effacer, en ne laissant que le fait général.

Différences sexuelles. — Après avoir montré, avec les statistiques des enfants de Boston, que les lois de la croissance ne diffèrent d’une façon certaine et décisive, dans les deux sexes de race blanche, qu’aux approches de la puberté, dans son cours et après, la femme ayant le maximum de sa reprise immédiatement après, et l’homme un peu après, j’ai abandonné la femme, pour traiter les questions générales de variations et de milieux avec l’homme, qui apporte plus de documents. Ces questions intéressent pourtant l’un et l’autre sexe, et les recherches conduites parallèlement de part et d’autre auraient l’avantage de s’éclairer mutuellement. Mais, si l’on a commencé à mesurer la petite fille, on a négligé la femme adulte. Il serait cependant nécessaire que la France suive l’Amérique et l’Angleterre, dans la voie qu’elles ont si résolument inaugurée, en prenant la taille et le poids comme les deux facteurs à l’aide desquels on suit les phénomènes de nutrition et de développement du corps, dans leurs rapports avec les circonstances hygiéniques extérieures. Nous nous piquons d’avoir l’esprit démocratique, nous dissertons sur les principes et les droits, mais nous nous gardons de venir en aide à la science, chargée d’établir les bases sur lesquelles doivent reposer les améliorations que nos administrateurs ont pour fonction de réaliser. La femme aujourd’hui, à Paris du moins, prend une part plus large à la vie active, elle pénètre dans nos ateliers, nos fabriques. Il s’agirait de savoir si c’est là sa voie naturelle. La femme a pour objet, dans l’ordre des choses, de présider à la reproduction de l’espèce; tandis que le rôle de l’homme y est passager et intermittent, celui de la femme est permanent. Il faut donc veiller à sa santé et à sa prospérité physique, comme à celle de l’homme, et s’enquérir si la direction nouvelle qu’elle tend à prendre aujourd’hui ne serait pas plutôt préjudiciable, à elle et à la société.' xàvec les statistiques sur la taille, c’est-à-dire sur le développement du corps, que l'anthropologie demande, mais dans lesquelles elle doit être aidée par l’administration, cette question serait résolue. Ce serait au bureau de statistique de la ville de Paris à en prendre la charge première.

A la période adulte et de maturité, quelle est la différence moyenne de taille entre les deux sexes ? L’absence de documents sérieux ne permet pas de répondre catégoriquement à cette demande si simple. C’est en réunissant une foule de petites séries doubles de toutes races et de toutes provenances, qu’il faut procéder. Je crois même qu’on mesure les femmes étrangères et sauvages, davantage que les femmes civilisées dont il faut respecter le chignon. J’ai réuni 73 doubles séries à ce point de vue, dans mon étude sur la taille en 1876 (1); je pourrais en ajouter

(1) P. Topinard, Étude sur la taille considérée suivant l’âge, le sexe, les individus, les milieux et les races. Revue d’Anthrop 1876.

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